« Inception », le blockuster de l’été et sans aucune hésitation le meilleur film de l’année, est sorti depuis le mercredi 21 juillet. Si vous ne l’avez pas encore vu, promis, aucun spoiler dans cet article, qui ne parle que de musique! En effet, ce film protéiforme et fluide est servi à merveille par les compos hypnotiques et lancinantes de Hans Zimmer.
Décrite par certains comme une musique pompier et super appuyée, j’ai pour ma part trouvé que le thème est le contrepoint somptueux de la narration et de la photographie du film. J’y ai notamment retrouvé à certain moments la finesse et la subtilité d’un Joe Hisaishi, le compositeur fétiche des films de Hayao Miyazaki, sur Princesse Mononoke. Bref, j’ai adoré, au point d’aller l’écouter sur Deezer pour me replonger l’ambiance du film.
Hans Zimmer, tout le monde a déjà entendu son oeuvre au cinéma, mais personne ne le connaissait jusqu’à présent. Compositeur des bandes-sons de Gladiator (Ridley Scott), Pirate des Caraïbes, Da Vinci Code, l’homme est le spécialiste des films poids-lourds du box office. Son plus grand fait d’armes a été d’avoir réalisé la bande-son du Roi-Lion.
Christopher Nolan aime retravailler avec la même équipe d’un film sur l’autre : Ken Watannabe, Cillian Murphy et Joseph Gordon-Lewitt ont fait partie de la série des Batman avant de rejoindre le casting d‘Inception), et Zimmer a lui composé la musique de Batman Begins et de The Dark Night.
Parmi les douze titres de la bande-son, j’ai été littéralement envoûtée par les thèmes « Time » et « Dream is collapsing », qui traduisent à la perfection la démesure des images portées à l’écran. Les morceaux plus intimistes comme « We build our own dreams » retranscrivent eux toute la puissance émotionnelle perçue à l’écran.
La musique est au coeur du film. Comme indiqué dans l’entretien accordé par Zimmer à Buzzine (site anglais), la partition a été écrité indépendamment de toute image, uniquement sur base du script! Certains passages, interpétés à la guitare, sont l’oeuvre de Johnny Marr des Smiths.
La Bande-Son d’Hans Zimmer est la meilleure porte d’entrée du puissant rêve de Christopher Nolan : elle sera votre fil d’Ariane pendant votre vision d’Inception.
(Ne pas se fier à la bande-annonce pour tenter de comprendre l’histoire : elle a été spécialement conçue pour que le spectateur américain ne se sente pas trop éloigné des Independance Day et autres Mission Impossible)
c’est bien vrai la musique est superbe
Ce bon vieux Hans… Loin d’être un véritable maestro comme pouvaient l’être Jerry Goldsmith, Alex North, Bernard Herrmann, j’en passe et des meilleurs, le compositeur teuton reste un excellent illustrateur de films.
Exemple : la musique de DARK KNIGHT s’écoute assez péniblement sans les images, mais en accompagnement du film ça frôle la perfection et ça participe pour beaucoup à l’impact de certaines scènes. Et il faut saluer la complexité du travail sonore réalisé sur le thème du Joker (« Why so serious? »).
Le score d’INCEPTION navigue dans les mêmes eaux. Le love thème mélancolique est plus proche selon moi du lyrisme contenu d’un John Barry que de n’importe quel Hisaishi (les intentions ne me semblent vraiment pas les mêmes). Mais ce n’est pas l’aspect qui m’intéresse le plus (ce thème demeure très fonctionnel), comparé aux excellents morceaux de tension comme « Dream is collapsing » que tu cites, ou encore mieux : « Waiting for a Train » (avec Edith Piaf en « cameo »!) qui soutient très bien la superposition des scènes à la fin du film. Un très bon film par ailleurs, que la critique dithyrambique m’avait cependant laissé espérer meilleur encore.
Pour finir sur Zimmer, il n’a jamais fait mieux que THE THIN RED LINE (LA LIGNE ROUGE), mais il faut écouter le score complet (dans l’ordre chronologique du film – malheureusement inexistant, je prie pour une improbable édition CD de cette version « as heard in the film ») pour vraiment s’en rendre compte. Le CD officiel est davantage un album « concert », comme c’est assez souvent le cas pour les éditions de musique de films. Au final, je dirais que les deux sont indispensables.
au passage, quel excellent film The Thin Red Line
Comme tous les Malick…
La musique de James Horner pour THE NEW WORLD est sans doute sa dernière grande composition, à défaut d’être complètement originale puisqu’il s’agit de James Horner, le Rank Xerox de la musique de film. Le « love theme » est un peu énervant, mais le reste est très bien et les orchestrations sont superbes, en parfaite adéquation avec la luxuriance des paysages.
Je suis impatient d’écouter le travail de notre expat’ Alexandre Desplat sur le prochain film de Malick, TREE OF LIFE ! Prometteur et talentueux (l’une des dernières valeurs sures de la musique de film des années 2000 selon moi), le compositeur français enchaîne les films à succès aussi bien en France (UN PROHETE et d’autres Audiard) qu’aux US (BENJAMIN BUTTON, FANTASTIC MR. FOX, THE GHOSTWRITER, le prochain HARRY POTTER…)
Hey Erick c’est mortel tout ça, tu veux pas nous faire un article sur notre Frenchie qui déchire ? Il le mérite non ?
Sinon, « le Rank Xerox de la musique de film » c’est totalement génial comme formule.
J’avoue, la formule n’est pas de moi, je l’avais lue dans je ne sais plus quel magazine de ciné, elle m’avait suffisamment marqué pour que je m’en souvienne encore aujourd’hui. C’était à l’époque de la sortie d’ALIEN RESURRECTION – 1997 -, à propos de la musique d’ALIENS(2) composée par Horner. L’expression était tout à fait appropriée puisque Horner nous y offrait une joyeuse resucée de GAYANEH (Khatchatourian), ALIEN(1) + CAPRICORN ONE (Goldsmith) et son propre STAR TREK III.
Pour Desplat, oui c’est tout à fait envisageable!
Justement vous ne trouvez pas que le thème de The Thin Red Line ressemble vraiment beaucoup à Time de Inception ? En tous cas en reconnaît bien la patte de Hans Zimmer !
On peut pas les twitter vos articles ! C’est pour quand ?!
Salut Hach, que veux-tu dire par là ?
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On avait ça avant mais c’était moche. Alors on a laissé tomber, mais on peut y réfléchir. Déjà on a les brèves à droite c’est pas mal non ? On va continuer à creuser ! Merci Hach !
[...] qu’une variation au ralenti sur le refrain de cette chanson. Pour le reste, on se reportera à la chronique de Celia ici-bas. Dans The Dark Knight ensuite, l’innovation (si on veut) réside avant tout dans les [...]