Big gang bang dans le big band de Roy Hargrove

5 octobre 2009
By Thomas

emergenceAujourd’hui sur la table d’autopsie, il y a le Roy Hargrove Big Band avec un nouvel album appelé Emergence. En effet, ce disque sort de nulle part pour moi qui connait principalement l’artiste dans le RH Factor et dans son quintet. Roy, étant un musicien déjà fort bien membré musicalement (il possède un superbe organe qui lui permet de bien jouer des soufflants: vous pouvez le voir dépasser dans la pénombre de la pochette), a donc nourri son groupe aux hormones de croissance pour atteindre la taille d’un Big Band. Avec le contexte économique actuel, rassembler et maintenir un Big Band à flots relève du défi, mais comme je le disais plus haut, Roy en a dans le pantalon!

Alors pourquoi ce titre d’article? Vous n’êtes pas sans savoir le risque lié à l’utilisation de l’hormone de croissance :  produite auparavant par extraction d’hypophyses de cadavres, elle a causé un certain nombre de contaminations par le prion, occasionnant certains cas de maladies de Creutzfeldt-Jakob mortelles.  Un excès d’hormone de croissance (par hyperactivité hypophysaire, tumeur ou défaut d’inhibition par la somatostatine) avant la maturité sexuelle provoque un gigantisme. Un excès acquis après la puberté provoque une acromégalie.  Un manque d’hormone de croissance pendant l’enfance provoque un nanisme harmonieux. Un déficit en hormone de croissance entraîne une diminution de la masse maigre, une augmentation de la masse grasse, un arrêt de la croissance des cartilages et des os, une tendance dépressive, et une diminution de la résistance à l’effort et au froid.

Bref, Roy Hargrove sait tout faire: reprendre les classiques du Bop avec son Quintet, explorer les frontières du Jazz Fusion/R&B avec son groupe RH Factor, et aussi doser l’hormone de croissance pour son Big Band. Dans Emergence, on retrouve certes quelques grands standards du jazz comme My Funny Valentine, September in the rain, des morceaux de Big Band assez classiques comme Ms. Garvey, Ms. Garvey, mais aussi des rythmes latins comme Mambo for Roy composé par Chucho Valdes pour Hargrove et repris de son album Habana. Mention spéciale pour le titre Every ­time we say goodbye grâce à la prestation parfaite de cette grande chanteuse de jazz qu’est Roberta Gambarini.

Le groupe, qui résonne en 19 dimensions, a produit un disque chaleureux, sensuel, inspiré, exubérant de Jazz. Roy Hargrove ne déçoit pas, se frottant directement à Miles Davis et Chet Baker. Un disque très classe, un peu plus de folie et d’énergie sur certains morceaux ne m’auraient toutefois pas déplu. Voici un extrait:

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