CocoRosie – « Grey Oceans »

13 mai 2010
By Celia

cocorosieAh, qu’elles sont jolies et inquiétantes les soeurs Casady… Grandes prêtresses d’un rituel délaissé, fées oubliées rôdant dans les sous-bois, poupées automates au mécanisme détraqué, un peu de tout ça se laisse à voir et à entendre avec le duo américain CocoRosie.

Bianca et Sierra ouvrent à nouveau leur grand coffre à jouets pour sortir leur quatrième album, « Grey Oceans ». Sierra, c’est la brune aux cheveux longs, Bianca celle qui a l’air de vouloir rester brune pour le moment, les deux aiment bien porter la moustache.

Sierra est une diva évanescente, quand Bianca joue la petit fille qui rappe. L’enfance, c’est leur dada. Le merveilleux qui se loge dans chaque recoin de la chambre, les histoires à ne plus pouvoir fermer l’oeil de la nuit, ça les fascine encore. Elles-mêmes semblent échappées d’un livre de contes pour enfants, plus Barbe-Bleue que petites filles modèles.

Avec une belle constance depuis leurs débuts en 2003 (« La Maison de mes rêves », Noah’s Ark », « The Adventures of Ghosthorse and Stillborn »), les soeurs Casady bricolent ainsi des comptines electro-folk à partir d’instruments divers. Elles ont ici passées à la moulinette du remix piano, harpe, flûtes, sitar et percus et, au final, ça sonne comme une boîte à musique déglinguée ou un gramophone retrouvé au fond du grenier.

CocoRosie_GreyOceans_Gatefold Outside_Final+.inddLes filles, c’est bien connu, ça sort quinze mille trucs du coffre à jouets, poupées, peluches, bracelets et colliers de perles en plastique, ça prend l’un puis l’autre et finalement ça passe à autre chose. Chez les soeurs Casady, c’est plus simple, on arrache, on découd, on déchire et on réassemble le tout. Sur ce « Grey Oceans », les percussions indiennes viennent ainsi se mélanger au chant grégorien, le hip-hop au ragtime, la boîte à rythme aux vocaux celtiques. Entre autres influences. Parfois sur le même morceau. Bizarre. A côté de ce que CocoRosie imagine comme patchwork monstrueux, Björk passe pour une brodeuse de point de croix.

Sans hésiter, la chanson à retenir de ce « Grey Oceans » est « Trinity’s Crying », où la pureté de la voix de Sierra rejoint en émotion celle d’Antony Hegarty (Antony and the Johnsons), avec lequel les deux soeurs ont d’ailleurs collaboré. Il y a quelque chose de plus abouti, de plus hypnotique sur ce titre, à la façon d’un mystérieux chant des sirènes. Inquiétantes, n’est-ce pas, les soeurs Casady? mais qu’est-ce qu’elles sont jolies…

CocoRosie – Trinity\’s Crying

« Grey Oceans » sortie le 3 mai

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