CrĂ©ation sur Internet : la Sacem et l’Adami veulent mettre les fournisseurs d’accès Ă  contribution

10 octobre 2009
By William

shadok« Mettre en place rapidement une contribution prĂ©levĂ©e sur le chiffre d’affaires global des fournisseurs d’accès Ă  Internet » (FAI), telle est la principale mesure demandĂ©e Ă  l’Etat par la Sacem et l’Adami, principaux organes de gestion des droits musicaux, afin de promouvoir la crĂ©ation sur Internet.Cette proposition commune est la rĂ©ponse Ă  un questionnaire de la commission Zelnik, prĂ©sidĂ©e par le PDG de la maison de disques indĂ©pendante NaĂŻve et incluant l’ancien ministre Jacques Toubon et Guillaume Cerutti, prĂ©sident de Sotheby’s France. Après le vote de la loi Hadopi 2 mi-septembre Ă  l’AssemblĂ©e, la commission, qui n’a pas communiquĂ© de liste de l’ensemble des personnes consultĂ©es, doit rendre ses propositions mi-novembre. Jugeant dans sa contribution, obtenue par Le Monde.fr, que « les fournisseurs d’accès Ă  Internet et opĂ©rateurs techniques Ă©chappent Ă  toute responsabilitĂ© financière du fait des Ă©changes illicites », la SociĂ©tĂ© des auteurs, compositeurs et Ă©diteurs de musique (Sacem) estime ainsi que « les pouvoirs publics devraient mettre en place un système de contribution obligatoire ». Pour la justifier, la SociĂ©tĂ© civile pour l’administration des droits des artistes et musiciens interprètes (Adami) Ă©voque pour sa part « un prĂ©judice causĂ© par un secteur d’activitĂ© nouveau dans l’incapacitĂ© de maĂ®triser la totalitĂ© des flux illicites qu’ils contribue Ă  produire ». Dans le dĂ©tail, la Sacem voudrait que la contribution des FAI soit assise sur leur chiffre d’affaires, et modulable en fonction du volume global des Ă©changes non autorisĂ©s. « Elle sera par consĂ©quent appelĂ©e Ă  ĂŞtre ajustĂ©e en fonction de la rĂ©duction constatĂ©e des Ă©changes non autorisĂ©s », poursuit l’organe de gestion des ayants-droit. « Le montant de cette rĂ©munĂ©ration pourrait ĂŞtre indolore pour les consommateurs si le gouvernement acceptait d’appliquer aux FAI le taux rĂ©duit de TVA pour la distribution des Ĺ“uvres sur Internet », assure la Sacem, pour qui il est aussi « souhaitable » d’imposer aux moteurs de recherche de rĂ©munĂ©rer les crĂ©ateurs.LIMITES D’HADOPIMultiplication des solutions de contournement, faible nombre d’Ĺ“uvres contrĂ´lĂ©es… pour dĂ©fendre sa position, la Sacem pointe d’abord les limites techniques du dispositif de la loi Hadopi 2, « qui ne permettra pas de mettre un terme Ă  nombre de pratiques qui demeureront totalement incontrĂ´lables ou tolĂ©rĂ©es ». Economiquement, « le futur marchĂ© numĂ©rique ne permettra pas de rĂ©tablir l’Ă©quilibre financier qui prĂ©valait dans la filière musicale avant l’explosion des Ă©changes illicites », estime la Sacem. La sociĂ©tĂ© de gestion des droits d’auteur s’appuie sur une Ă©tude de la FĂ©dĂ©ration internationale de l’industrie phonographique (IFPI), qui Ă©value Ă  40 milliards le nombre de fichiers musicaux illĂ©galement tĂ©lĂ©chargĂ©s dans le monde en 2008.Les deux organismes de gestion des droits musicaux s’entendent enfin pour que la solution de prĂ©lèvement des FAI, « prioritĂ© pour le secteur musical », pourrait ĂŞtre Ă©tendue Ă  l’audiovisuel et au cinĂ©ma.

Source : Le Monde.

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