Eiffel au Zénith de Paris, 15 octobre 2010

16 octobre 2010
By Yeayms

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Eiffel est un  groupe que certains acolytes de masique.com, dont votre humble serviteur, aiment beaucoup et l’ont déjà dit dans les colonnes de ce blog, voir ici et . Voici un petit compte-rendu de leur concert au Zénith de Paris le 15 octobre 2010 qui vient ponctuer une tournée couronnée de succès. Rappelons qu’Estelle, magicienne des petites mélodies guitaristiques d’Eiffel, est passée à la basse et que Nico, qui officiait chez Dolly avant la fin tragique du groupe, est venu prêter main-forte à la guitare.

Le son fut bon, quoique brouillon sur une poignée de titres (on en reparle), mais les problèmes de niveaux sonores de l’un ou l’autre musicien étaient très rapidement réglés. Le groupe était dans une forme olympique, probablement un peu stressé au début du concert mais devant la chaleur du public, l’ambiance s’est très très vite détendue. J’avoue être toujours charmé par la sincérité simple de ce groupe, ainsi que l’énergie qu’il dégage. Il faut aussi donner une mention spéciale aux lumières, excellente. En résumé, c’est un concert qui a régalé. Pendant 2h30, en un mot, une belle fête.

Beaucoup de titres sont tirés du dernier album d’Eiffel, pour le reste, nos amis bordelais sont allés piocher dans leurs précédents albums de façon à peu près équilibrée. L’accent était plutôt mis sur les titres qui dépotent que sur les titres contemplatifs, mais quelques superbes pauses étaient ménagées.

Certains titres ne rendaient pas très bien, j’ai trouvé. J’évacue la question pour parler ensuite de la majorité du concert qui s’est révélée remarquable. Le ton parfois musclé adopté par le groupe l’a conduit à caser une version de Tu Vois Loin un peu expédiée, qui manquait d’un peu de sensibilité. Par ailleurs, certains titres du nouvel album ne fonctionnaient pas très bien, c’était le cas (avis bien personnel qui n’engage que moi) pour Ma Nébuleuse Mélancolique, un titre pourtant à la fois enlevé et subtil sur disque qui lors du concert n’a pas vraiment décollé, et pour Ma Blonde, titre au swing irréstible qui n’est parvenu à faire balancer les hanches que sur un seul couplet, la faute il faut bien le dire à la guitare de Romain réglée trop fort sur la moitié du morceau et à la caisse claire insuffisamment présente sur le morceau, ce qui lui donnait un air un peu bancal.

Mais les amis je pinaille. Je pinaille, parce que même ces titres qui m’ont moins plu lors du concert (est-ce parce que je les aime tant sur disque ?) étaient source de ravissement manifeste. L’énergie dégagée était phénoménale. Mention spéciale à Il Pleut des Cordes, Minouche, Sous Ton Aile (avec un banjo !), Sombre, Bigger than the Biggest (et son pont bruitiste), Inverse-moi… La fosse s’en ému à plusieurs reprises, pogotant comme d’un seul homme. Le titre A tout moment a également excellemment fonctionné. Le morceau Mort j’appelle était difficile à oser en concert, mais ils l’ont fait et s’en sont plutôt pas mal sorti.

eiffel

Puis lors de la première pause (ou rappel si l’on veut), le groupe est apparu dans la fosse pour deux titres en acoustique, intimiste jusqu’au point où Romain a demandé à tout le monde de s’asseoir et de ne pas faire trop de bruit. L’un des sommets du concert, le groupe ne sachant pas ce qu’ils faisaient selon leurs dires, qui osent l’essai d’un morceau inédit La Chamade dédié à une personne disparue cette année, un morceau très beau. L’attention est à son comble, et Romain lance les accord des Yeux Fermés… Un grand moment, un moment d’humour également puisque Romain se plante et dit « les yeux fermiers » avant de se marrer au détour de quelques phrases du couplet (voyez donc la petite vidéo plus bas).

Le groupe revient en électrique et nous gratifie notamment d’une reprise des Pixies (dont la chanson Alec Eiffel a d’ailleurs donné le nom au groupe, un détail cocasse si l’on se souvient que Franck Black l’a justement écrite en hommage aux folies de ce cher Gustave), d’une interprétation explosive de Hype et d’une fin poignante avec J’voudrais pas crever, texte de Boris Vian. Le concert s’est terminé par le son d’un jouet, façon de dire qu’on s’est tous bien amusés, sans prise de tête, sans fioritures. Romain était comme un diable sorti de sa boîte, Nico nous a offert de la subtilité bruitiste imparable, Estelle a assuré l’énergie des chansons et Nico (batteur) a fourni une colonne vertébrale solide à tous les morceaux. Un pote du groupe s’est joint sur plusieurs morceaux au banjo, au sax ou au violon. Il faut souligner le fait que le chant était très habité et les paroles très intelligibles et évocatrices…

J’espère avoir le plaisir de revoir le groupe pour un beau nouvel album ou d’autres concerts. Je trouve que ce groupe mérite d’être plus écouté et apprécié ! Il y a dans ce groupe quelque chose d’adolescent, une flamme magique qui ne veut pas s’éteindre, qui fait du bien, et je crois que cette énergie communicative est la seule ambition que l’on peut demander au rock. Yeah !

– Aymeric

En bonus, la vidéo des Yeux Fermés chantée depuis la fosse

Voici la playliste que les bordelais ont joué lors du concert. Ce n’est pas classé par ordre d’apparition mais par album :

A TOUT MOMENT : minouche — à tout moment la rue — le coeur australie — je m’obstine — sous ton aile — mort j’appelle — nous sommes du hasard — clash — ma blonde — ma nébuleuse mélancolique

TANDOORI : ma part d’ombre — saoul — dispersés — bigger than the biggest

LE 1/4 D’HEURE DES AHURIS : il pleut des cordes — sombre — les yeux fermés — tu vois loin

ABRICOTINE : inverse moi — hype — je voudrais pas crever

BONUS : la chamade (unreleased) — where is my mind (reprise pixies) – titre en introduction (inconnu, merci de poser un commentaire si vous voyez de quoi il s’agit !)

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5 Responses to Eiffel au Zénith de Paris, 15 octobre 2010

  1. Aymeric on 17 octobre 2010 at 16 h 55 min
  2. remax on 18 octobre 2010 at 10 h 09 min

    Le premier morceau serait « Tomorrow never knows » des Beattles apparament

  3. Meuble on 18 octobre 2010 at 12 h 42 min

    Bel article, qui rend hommage à un groupe encore (à mon sens) trop méconnu du grand public, et qui pourtant mérite de l’être !

    Je voudrais juste revenir sur deux trois points ^^ :
    « Le morceau Mort j’appelle était difficile à oser en concert, mais ils l’ont fait [...]« . Oui ils l’ont fait, et je ne pense pas qu’il soit si difficile que ça à oser en concert : ce morceau fait partie de la setlist depuis le début de la tournée, soit il y a plus d’un an ! Romain a l’air de beaucoup apprécier ce texte de François Villon, et le groupe l’a joué à chaque concert auquel j’ai assisté sur cette tournée (soit 5 dates pour le moment, encore 2 autres de prévues :P !).

    Pour les « yeux fermiers », est-ce une erreur ? Personnellement j’ai compris les « oeufs fermiers », et connaissant le grand attrait de Romain pour les contrepèteries, ça ne m’étonnerait pas que ce soit voulu ! Ce qui n’empêcherait pas le fou rire, d’ailleurs… En tout cas, le doute subsiste ^^ !

    Enfin, « Le concert s’est terminé par le son d’un jouet, façon de dire qu’on s’est tous bien amusés ». Je n’avais jamais réfléchi à cette symbolique… Peut-être, en effet. Mais c’est ce même jouet qu’on entend sur la version album, et ce même jouet qui termine ce morceau, « Je voudrais pas crever », à chaque fois qu’il est joué en live. Alors faut-il y voir une symbolique, ou seulement l’interprétation classique de la chanson ? Ou peut-être que l’interprétation classique de la chanson intègre cette symbolique…

    Bref, entièrement d’accord avec le dernier paragraphe, belle conclusion pour un groupe qui n’a pas fini de faire battre la chamade aux coeurs conquis d’un public ravi, ni aux coeurs ravis d’un public conquis…

    Meuble, à tout moment Ahuri.

  4. Aymeric on 21 octobre 2010 at 13 h 20 min

    @remax : Merci pour la précision !

    @Meuble : Super ton commentaire, sois-en remercié ! C’est remarquable qu’ils jouent aussi régulièrement « Mort J’appelle » car c’est un titre très subtil. J’avais pas pensé à « Les oeufs fermiers » c’est rigolo aussi :) Quant au son du jouet, même si le gimmick est dans le titre original, au concert ça m’a frappé car les lumières mettaient beaucoup en valeur Romain et son jouet, mais peut être est-ce le cas régulièrement ! En tout cas, le concert était assez ahurissant ;)

    @lecteurs : comme Meuble, merci de laisser vos avis si vous avez vu le concert !! Ou simplement pour parler du groupe Eiffel.

  5. Meuble on 22 octobre 2010 at 16 h 34 min

    Ouah hé, je suis cité en exemple, c’est trop d’honneur XD !

    « Mort j’appelle », un titre sur lequel je n’avais pas forcément accroché plus que ça sur l’album, mais je trouve qu’il rend très bien en live, l’interprétation de Romain en donne une vraie profondeur, à chaque fois un beau moment !
    Et, puisqu’on en parle, je vous recommande la lecture de « Je, François Villon », de Jean Teulé, biographie romancée de la vie de François Villon, auteur du texte. Très bien écrit, et ça donne pour moi une toute autre signification à ce texte !

    Pour le jouet, il est vrai que c’est déroutant quand on le voit en live la première fois, ça m’a fait le même effet ! Parce qu’entendre ce titre version album, on pense à un jouet de ce type, mais le voir le sortir en live, c’est en effet ahurissant :P ! Et puis, on s’habitue à le voir, ça n’étonne plus vraiment, au contraire on l’attend, mais ça reste à chaque fois un instant magique je trouve :) !

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