Eiffel – Ma blonde [2009] – A tout moment

7 octobre 2009
By Yeayms

eiffel-a-tout-moment-425x425Back in il y a quelques minutes. Les amis, je me suis décidé à vous parler du nouvel album d’Eiffel, A Tout Moment.

Après tout, il est des fautes déontologiques dont on se fiche bien. Par exemple, décider de produire un article sur le blog masique à propos d’un disque qui vient de sortir, que l’on n’a pas écouté, digéré, appréhendé avec la froideur analytique du rock critique (ce que ne sont pas les contributeurs de masique, mais bon, on essaie de faire les choses bien quand même). Peu importe parfois la froideur analytique. Même si l’oublier conduit parfois au grotesque… on pourra se référer à la critique de P. Manoeuvre de Rock and Folk sur le Chinese Democracy des Guns ‘n’ Roses. Avec laquelle on a le droit d’être d’accord, certes, mais il faudra quand même avouer que Philou s’enflamme pour un disque qui retombe comme un soufflé. Bon. On est parti un peu loin là. Et parlons plutôt que de railler ceux qui parlent et avec qui l’on est pas d’accord.

Revenons au nouvel album d’Eiffel, sorti lundi 5 octobre 2009, A tout moment. Eiffel a eu des problèmes de maison de disques au moment de l’album précédent en 2007, Tandoori, un bon disque pourtant, mais mal annoncé et mal connu. Le groupe a eu une réaction remarquable : ils ont décidé de continuer à explorer leur voie de rock sucré, rocailleux et théâtral comme des grands, en construisant leur propre studio. Le présent disque en est le résultat, d’un optimisme forcené et d’une réussite qui fait plaisir aux oreilles. Estelle Humeau passe à la basse, le groupe récupère son batteur d’origine Nicolas Courret et un autre illustre Nicolas (Bonnière, ex-Dolly) vient grossir les rangs.

Il y a un malentendu très énervant pour qui aime Eiffel: cet amalgame de longue date comme un sous-Noir Désir. Certes, le chanteur vient de Bordeaux, écrit des paroles poétiques, porte une boucle d’oreilles et braille parfois quelques pamphlets. C’est bien là les seuls points communs… beaucoup oublient la dimension précieuse des arrangements des morceaux d’Eiffel, eux qui donnent à un morceau comme Les Yeux Fermés sur le deuxième album Le Quart d’Heure des Ahuris un écrin et un cachet inédit dans le rock français. Je pourrais épiloguer sur des morceaux comme Inverse-Moi (sur Abricotine) ou Tu Vas Loin (sur Le Quart d’Heure des Ahuris) ou Rien n’est pour de vrai (sur Tandoori). Trop compliqué, j’aime juste trop la splendeur surréaliste de ces morceaux. Il faut ajouter quelque chose à propos de Noir Désir – les deux groupes sont amis, c’est que Des Visages Des Figures doit lui-même beaucoup à Romain et ses arrangements classieux.

Et voilà un article pour rétablir un semblant d’objectivité sur la musique excellente du groupe, que ce bel album tout chaud vient compléter. Là n’est pas question de commenter titre par titre le nouveau disque. Il est juste très bon – ce n’est pas certain qu’il ramenera de nouveaux fans, mais le groupe affiche une santé artistique olympique, avec un son peut être un peu moins brut et plus travaillé que l’album précédent. Le soin apporté aux paroles est toujours particulièrement prononcé, avec une tendance à l’emphase qui tient plus de la théâtralité que l’hypercéphalie prétentieuse (pour les martiens qui nous écoutent, le terme de « grosse tête » est également approprié). Difficile de tirer un nouveau titre, surtout que les premières écoutes sont celles qui se polarisent sur les titres les plus enlevés. Allez, je lâche Ma blonde qui enfonce tout avec les arpèges à la Eiffel et une sorte de swing pop sous-jacent à la façon dont la guitare balance et Romain chante. Célia vous avait parlé ici-même du morceau A tout moment la rue peut aussi dire non, très réussi également. Le disque est ouvert et clos par deux morceaux très bons Minouche et Ma nébuleuse mélancolique.

Hé là ! Bien sûr. Je dois avoir mauvais goût. Il s’agit d’un article à chaud d’un groupe dont je suis fan – aveu sans ambages. Prenez-le comme tel ou passez votre chemin, mais n’assassinez pas Eiffel avant d’en avoir fait le tour.

Aymeric – Un article de la chronique Je dois avoir mauvais goût sur le blog masique tous les mercredis.

Eiffel – Ma blonde [2009] – A tout moment

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4 Responses to Eiffel – Ma blonde [2009] – A tout moment

  1. Nicooo on 8 octobre 2009 at 9 h 17 min

    Très bon article, bien realiste: un super groupe, de super compos, mais trop souvent comparé à Noir Des; dommage que les gens n’essayent pas d’écouter un peu, on apprecie pas forcement Eiffel à la premiere écoute, ça ne se consomme pas comme d’autres « artistes » jetables !
    Cet album va cartonner !!!

    ++

  2. Aymeric on 8 octobre 2009 at 9 h 33 min

    C’est tout ce qu’on peut souhaiter au disque et au groupe, de cartonner ! En plus, j’ai oublie de dire, mais quelle generosite sur scene, c’est assez incroyable…

  3. ANtoine on 23 octobre 2009 at 12 h 31 min

    EIffel, toujours.
    Y’a pas lourd en article sur ce nouvel opus mais le tien me ravi.
    « Ma blonde » me déchire entièrement.
    Vivement une partition de cette intro que je puisse m’y croire un peu plus.
    RDV PARTOUT OU EIFFEL PASSE. Pour moi ca sera le CCo villeurbanne, en intimité, et c’est tres bien comme ça.

  4. | Le blog masique.com on 23 novembre 2009 at 16 h 18 min

    [...] on ne doute pas une seule seconde la bonne tenue. Eiffel on les aime bien sur masique: voir ici ou là. Leur dernier disque a eu un succès très très honorable et très très mérité. Pour un groupe [...]

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