Florence + The Machine - Lungs
Le roux est la couleur du péché. L’Eglise jusqu’au XIXème siècle, a considéré la femme rousse comme une tentatrice, une créature démoniaque. Les sorcières du Moyen-Age ? Toutes rousses. Les prostituées ? Obligées de se teindre les cheveux en roux. Marie-Madeleine, la pécheresse repentie de l’Evangile ? Rousse bien évidemment. Le roux, c’est le feu de l’Enfer sur terre, Celle qui l’arbore sur ses Cheveux va entraîner les hommes sur le Chemin de la Damnation éternelle.
La femme rousse est aussi la muse des artistes, celle qui dévoile un autre monde, fait de signes et de symboles. Elle voit l’invisible, fait avancer le poète et le peintre sur la voie de l’inspiration. C’est une vestale, sacrée et interdite, qui redevient simple mortelle si elle s’éprend.
Florence est rousse et est tout ça à la fois, sirène angélique, nonne sensuelle, Ophélie paillarde, grande prêtresse de Dionysos. Florence Welsh, voix puissante et incantatoire, nous livre un premier album inclassable vibrant de désir qui parle, selon ses propres mots, d’ « amour, de disco et de mort ».
Florence + The Machine est un phénomène quasi miraculeux dans le paysage musical actuel.
Le groupe récupère tous les codes de notre époque, le disco, le body à paillettes, le folk sympa déguisé, le folk dépouillé, la new wave, et ne se fait pas vampiriser par eux. Même mieux, le puissant univers onirique de Florence les pulvérise et les absorbe.
La jeune Ecossaise a conquis l’Angleterre, tous ses concerts sont complets alors que son album n’est sorti là-bas qu’en juillet dernier. Elle « a mis le Festival des Inrocks à ses pieds » comme l’a titré l’AFP après son passage à la Cigale. Sa voix est une énigme, à mi-chemin entre les intonations celtiques de Dolores O’Riordan, la chanteuse des Cranberries, et les modulations soul d’une Lauryn Hill.
Florence + The Machine est à la fois icono-classe et icono-clash : la demoiselle n’en fait qu’à sa tête et c’est très bien comme ça. Comme elle aura fait tout ça par amour, celui de la musique et du public, gageons que tout lui sera pardonné.
Florence + The Machine: Concert au Bataclan le 27 février 2010






Julien says:
novembre 25th, 2009
12 h 15 min
Bel article ça fait vraiment envie ! Je vais écouter ça tout de suite…
Célia says:
novembre 27th, 2009
17 h 48 min
Heureuse de t’avoir donné envie!…un morceau en écoute, et hop, je suis devenue fan -:) et c’est l’un des rares albums où il n’y a pas de titres faibles…Vivement le concert!
La semaine de masique.com | Le blog masique.com says:
novembre 30th, 2009
3 h 38 min
[...] commentaires Célia dans Florence + The Machine - LungsAymeric dans Juliette Lewis à l’Alhambra (23 novembre 2009)Julien [...]