5 ans après le fabuleux album Blow, Ghinzu revient en force avec Mirror Mirror, son troisième album, un véritable coup de pied dans la fourmilière rock !
−Aparté− Après une semaine éprouvante de dur labeur, c’est complètement vidée que je me suis couchée vendredi soir. Ayant l’intention d’écrire un article sur ce nouvel album, j’emmène mes écouteurs avec moi dans le lit, pour le découvrir au calme. Je mets donc le premier morceau, sans m’attendre à rien de bien virevoltant car musicalement j’ai vécu quelques déceptions dernièrement lors des sorties d’album. Et là, dés Cold love, je comprends pourquoi les derniers passages de Ghinzu sur scène et les critiques de Mirror Mirror suscitent tant d’engouement. COMME CELA FAIT DU BIEN D’ENTENDRE DE LA BONNE NOUVEAUTE ! −Fin d’aparté−
Cold Love donc − qui porte mal son nom car il réchauffe le cœur et transforme les esprits fatigués en véritable salle de gym disco − ne pouvait faire mieux en tant que morceau d’ouverture, puisqu’il est à lui tout seul une bonne vitrine de l’album : énergique et novateur.
« Vous n’entendrez ainsi pas beaucoup de chansons aussi sidérantes, disproportionnées, déconnectées du monde réel, que l’incroyable Cold Love cette année. » −Les Inrocks−
La première écoute de l’album est une expérience étrange, où se mêlent surprise et enthousiasme….car Mirror Mirror joue sur les sens et le rythme. Extrêmement bien structuré, il laisse peu de temps pour reprendre notre souffle. Une fois l’effet de surprise passé, on en perçoit les subtilités. L’album surfe sur la vague du disco-pop, voire même de l’électro-punk, tout en gardant la ligne directrice d’un rock alternatif qui va si bien au groupe belge.
J’ai pu lire de-ci de-là que Mirror Mirror serait en dessous de l’étonnant Blow…et là je conteste. Il est à penser qu’une partie du public s’attendait à vivre le même genre d’émotion et de montée en puissance que sur le précédent album. Il est à penser qu’un album ne devient meilleur que lorsqu’il parvient à faire encore plus d’envolées progressives, conduisant à des explosions encore plus fortes. Et bien non. Les dandy-punks belge nous montre avec ce petit bijou que ces 5 ans n’ont pas servi à faire mieux mais à faire autrement intéressant.
N’attendez donc pas les montées en puissance transcendantes du morceau Blow, ni le magnifique solo piano de The Dragster-Wave ou l’élégance aérienne de Horse ; car cette année les frissons se trouvent dans les subtils mélanges sonores et rythmiques que nous offre Mirror Mirror.
Certes vous y trouverez 4 ou 5 morceaux qui reflètent de belle manière l’élégance de leurs prédécesseurs, notamment This Light et Interstellar Orgy − Ce dernier morceau, fabuleux, clôture l’album d’une manière digne de Death In vegas − bien que le piano y soit moins présent, plus déjanté. Par moments l’ambiance sonore s’apparente, comme sur Blow, à celles de groupes comme Deus et les Strokes, parsemée juste assez de guitares aux effets « Musesques ». Et puis il y a cette introduction de This War Is Silent ou même Birds In My Head, véritables références à certains passages de Pink Floyd. Les choix instrumentaux et effets sonores sont donc pertinents. Mais la surprise est ailleurs.
L’originalité se situe au travers de titres construits sur l’énergie et la puissance, avec des rythmes à la limite entre le punk rock des années 70, le new wave et le disco. Le morceau Mirror Mirror et une pure merveille, passant subtilement d’un rythme new wave façon Talking Heads à un rythme rock déchaîné à la Ghinzu. Dream Maker est parsemé de notes tout droit sorties d’un opéra-rock sombre, avec des chœurs à la Queen.
Mirror Mirror nous offre des chansons plus nerveuses, plus directes, à la lumière des néons représentés sur la pochette. L’album se veut le miroir des choses qui l’entourent, parfois embellies, parfois enlaidies, à la manière des contes de fées. Et c’est là que je reviens à Cold love. A travers l’histoire d’une fille prétentieuse et froide sur une piste de danse, Cold love parle de la difficulté pour certains hommes à « briser la glace ». Tel leur morceau d’ouverture, Ghinzu cette année ne nous offre pas la sensibilité et l’émotion sur un plateau au coin du feu. Un coup de génie du chanteur, producteur, et publicitaire renommé John Stargasm et de ses acolytes, qui font de Mirror Mirror un album avant tout fait pour la scène….
Finalement, parce qu’il est là où on ne l’attendait pas, parce qu’il fait du bruit et peu de lyrisme, parce qu’il remet au goût du jour de vieux rythmes déjantés et parce qu’il utilise avec génie l’électronique pour recharger nos batteries, ce disque est rare, novateur et percutant.
GHINZU – Rehearsal before the Mirror Mirror French Tour
envoyé par GhinzuTV
Clic and listen to this : Talking Head : Psycho Killer, 1977
Excellent ! Bonne découverte.
excellent groupe et excellent album qui déchire ! il me tarde de les voir sur scène !