2010 n’est pas seulement l’année Chopin. C’est aussi l’année Schumann, c’est encore l’année Mahler.
De quoi découvrir 3 compositeurs majeurs à prix défiant toute concurrence : plusieurs coffrets pour fêter Schumann et Mahler, et la même chose doublée d’une avalanche d’éditions pour Chopin. Trois compositeurs que je connais à vrai dire assez peu, quoique ma sensibilité me dirige spontanément vers Mahler.
Deutsche Grammophon (qui cette année a déjà édité un coffret des symphonies par Leonard Bernstein dont j’ai récemment fait l’acquisition, ainsi qu’un coffret « complete edition », pendant qu’EMI sort son « complete works ») propose aujourd’hui un concept assez novateur pour ce qui est de la musique classique. Sur le site Mahler 150, le label soumet au vote des internautes les quelque 180 versions des symphonies de Mahler encore éditées par les catalogues d’Universal que sont Deutsche Grammophon et Decca, ainsi que les 46 « out of print », et réalisera à l’automne un coffret « The People’s Edition » en respectant les résultats du vote (source : le blog Culture Monster).
A mon avis, l’approfondissement de l’oeuvre d’un compositeur vient en comparant et en confrontant les versions, et le mieux reste d’en découvrir le plus possible, en se passant seulement des versions unanimement considérées comme mauvaises. Pour Mahler comme pour tout autre compositeur, aucun coffret ne suffira jamais à faire le tour d’une édition discographique vertigineuse. Comprendre : bah non, les symphonies de Beethoven, c’est pas que Karajan et le Berliner Philharmoniker. Essayez Furtwängler, essayez Kleiber, essayez Barenboim… et les baroqueux (que je ne connais pas dans Beethoven mais que d’aucuns adulent), pourquoi pas… Autant de versions que de points de vues, de tempéraments, en un mot : de visions.
Ensuite, j’ai tendance à préférer les coffrets rassemblant des oeuvres de compositeurs différents dirigées par un même chef à une période donnée de sa vie (ou des oeuvres d’un même compositeur dirigées par un même chef), au contraire des coffrets susmentionnés qui me semblent tendre davantage vers la compilation ou le best of, que vers l’unité et le déroulement cohérent d’un propos (d’une vision).
Reste que cette initiative de Deutsche Grammophon me semble aussi moderne que louable (et inédite, visiblement), et permettra de (re)découvrir de (très) grandes versions (les « meilleures » ?) si l’on se rallie au principe démocratique à l’origine du projet. Souhaitons que la démarche soit reproduite pour d’autres compositeurs !
Alors, Gustav Mahler : The People’s Edition… premier coffret classique communautaire ?