Jazz N’ Funk at the Movies – Part 2 : Ces B.O. qui groovent moins

28 avril 2009
By Erick

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Suite et fin de « Jazz N’ Funk at the Movies »,

avec cette fois des compositions plus noires,

plus violentes, moins funk et moins lounge…

David Shire (1937)

L’influence de Shire sur la partition d’OSS est moins évidente (on le retrouve un peu dans les morceaux 4, 11 et 17, aux côtés d’Elmer Bernstein), mais il était impossible d’écrire cette rétrospective sans évoquer sa partition mythique de jazz noir, brutal et dodécaphonique pour The Taking of Pelham 1 2 3.

Tandis que le thème faussement tranquille de The Conversation (Coppola) se veut le reflet des errements paranoïaques de l’agent Harry Caul interprété par Gene Hackman.

Jerry Fielding (1922 – 1980)

Le génial collaborateur du non moins génial Sam Peckinpah était un compositeur extrêmement doué, capable de composer des partitions d’une violence inouïe, à l’écriture complexe et aux orchestrations chiadées (Lawman, Chato’s Land, The Mechanic).

Outre The Enforcer et son « Rooftop Chase » qui tape en plein dans le mille, Scorpio, qui convie plusieurs styles de musiques, allant de l’easy listening au plus symphonique, s’inscrit  également sans problème dans ce panorama avec des morceaux comme « In the Aircraft » et « C.I.A. Tail ». A partir de maintenant, on pourra me reprocher à juste titre qu’il n’y a plus aucun rapport avec la B.O. d’OSS, ce à quoi je répondrai sans ambage et dans un crescendo de rage à peine contenue : t’avais qu’à l’écrire l’article.

Alex North (1910 – 1991)

Ce père de la musique de film moderne a composé tant de chefs d’oeuvre qu’il serait vain d’en esquisser l’ombre d’une liste. Je ne me risquerai donc pas à mentionner Spartacus, The Dead, Who’s Afraid of Virginia Woolf, The Agony and the Ecstasy, The Shoes of the Fisherman, ni, bien sur, le sexy The Sound and the Fury (dont il me semble ici légitime de mentionner le « Main Title« ), de peur de manquer d’exhaustivité.

Jerry Goldsmith (1929 – 2004)


Le morceau de jazz le plus connu de Jerry Goldsmith (élève de North) est incontestablement le thème nocturne, romantique et envoûtant de Chinatown composé pour le très bon film noir de Roman Polanski.

Dans la lignée de Chinatown, il y a ensuite le thème de L.A. Confidential et son joli développement, optimiste et apaisé, dans la scène finale (alors que le reste de la partition serait plutôt d’un naturel barbare).

Parmi les incursions de Goldsmith dans le jazz, on retiendra également ce petit bijou moins connu qu’est Studs Lonigan et son gerswhinien et savoureux « A Game of Pool »

Don Ellis (1934 – 1978)

On lui doit, entre autres, une partition jazz oppressante et déstabilisante pour le classique de William Friedkin, The French Connection. Dire qu’elle reflète admirablement l’ambiance du métrage relève de l’euphémisme.

Michael Small (1939 – 2003)

La musique du thriller Klute n’a pas grand chose à voir non plus avec celle d’OSS, je le confesse, mais au lecteur qui aura l’outrecuidance de me le faire remarquer par lettre recommandée, je stipulerai dans un déferlement d’ondes poliment courroucées qu’ainsi vont les choses, ainsi va la vie. Et puis qu’il cesse de se focaliser sur l’ambiance unique et malsaine d’un « On the Roof » ou d’un « Dead Arlyn » et qu’il écoute « Search for Arlyn Page » ou « Laguran’s Disco », on en reparlera. J’avoue avoir un gros faible pour ce petit score à l’ambiance envoûtante, éthérée et si particulière d’un compositeur encore assez peu connu car peu représenté sur CD.

Bernard Herrmann (1911 – 1975)

Last but not least, Bernard Herrmann (c’est une véritable honte de le mettre en dernier!), ou le mythique collaborateur d’Alfred Hitchcock, au caractère bien trempé qui reflétait toute la démesure de son exigence (il compte parmi les quelques compositeurs de musique de films qui ont accouché de véritables chefs d’oeuvres). Le maestro a composé un blues crépusculaire et ténébreux pour Taxi Driver de Scorsese, aboutissant à une ambiance unique et à un rapport image/musique qui frôle la perfection.

Mais le rapport avec la musique d’OSS réside surtout dans le fait que Ludovic Bource fait un hommage appuyé à Herrmann à la fin du film pour une scène qui parodie directement l’ouverture d’un des meilleurs Hitchcock : Vertigo (le titre du morceau sur l’album d’OSS est « Herrmann’s Dance » pour ceux qui auraient sauté du train en marche).

Vertigo : « Prelude »

Et puisqu’on n’est plus à ça près, la « Scène d’Amour » du même film, l’un des plus beaux morceaux de Herrmann

Au fil de Jazz N’ Funk at the Movies le mal nommé (car il s’agit aussi de lounge, de blues…), on s’éloigne un peu de ce dont la musique d’OSS 117 est un pastiche fort réussi dans le sens où il n’y a pas meilleure illustration d’une parodie qu’une musique très premier degré pour renforcer le côté décalé de l’entreprise, et j’implore une dernière fois le pardon du lecteur avisé qui aura réalisé les entorses récurrentes au règlement (cette série de morceaux qui n’ont plus grand chose à voir avec ceux d’OSS). Aux acharnés qui me maudiront de n’avoir respecté aucun ordre chronologique, d’avoir mis trop de son sans suffisamment illustrer, je rétorquerai dans un ouragan dévastateur de folie furieuse et sanguinolente : c’est moi qui raconte.

Et puis c’était l’occasion ou jamais de faire plus ample connaissance avec de grands noms de la musique de film jazz, funk & lounge (bien qu’on soit quand même loin de l’exhaustivité), à travers quelques morceaux qui pourraient très bien compter parmi vos playlists pour égayer vos soirées, servir les cocktails, jouer au poker, ou encore intitier le déhanchement lascif de nanas un peu geeks ou très rétro.

Sinon, je connais des psychopathes qui se sont adonné à des choses coquines sur la musique de Basic Instinct, mais ça sera pour un autre article…

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3 Responses to Jazz N’ Funk at the Movies – Part 2 : Ces B.O. qui groovent moins

  1. Aymeric on 28 avril 2009 at 9 h 54 min

    J’ai eu OSS 117 au bout du fil : il trouve que tu t’es un peu eloigne du sujet

  2. Erick on 28 avril 2009 at 11 h 34 min

    En voulant qu’il ait une escale au Mexique en revenant de Rio, et qu’il y chope la grippe, la Providence a tranché.

  3. Tietie007 on 28 juin 2011 at 21 h 26 min

    J’ai bien aimé celle de Goldsmith pour The sand pebbles, même si elle ne groove pas trop !

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