John Williams – Six Moments of Magic

26 février 2010
By Erick

johnwilliams3Ah John Williams… le compositeur des Star Wars et des Spielberg, que j’ai eu le plaisir de voir en concert à New York il y a 5 ans… De la musique de film bien américaine et bien guimauve, que j’écoutais inlassablement il fut un temps. J’en goûte moins souvent aujourd’hui, considérant que l’expérience n’est finalement pas très exigeante et présente souvent un caractère arbitraire qui « oblige » en quelque sorte à ressentir les choses de telle ou telle manière. Bref, je crois que la musique de film peut difficilement être autre chose que l’attribut du film, dont elle doit magnifier les images (ce qu’elle fait d’ailleurs très bien, surtout avec des compositeurs comme Williams), mais que, du fait de sa nature, elle ne peut que rarement s’élever davantage.

Dans ce billet, j’ai cependant choisi de partager les quelques morceaux de John Williams que j’écoute encore volontiers sans les images (que je suis assez content pour la plupart de ne pas ou ne plus avoir en tête soit dit en passant). Il ne sera donc pas question des thèmes archi-connus composés pour Star Wars, Indiana Jones ou autres Jurassic Park, dont les musiques restent des modèles d’inspiration pour le film d’aventures, l’idée étant de présenter une facette moins connue du compositeur. Pour garder une cohérence dans la sélection, j’exclus volontairement des partition pour lesquelles j’ai beaucoup d’admiration comme La Guerre des Mondes (le chef d’oeuvre williamsien de la décennie qui s’achève), dont les aspects les plus intéressants sont un peu trop mouvementés pour figurer ici.

« The Dune Sea of Tatooine / Jawa Sandcrawler » ~ Star Wars ~ 1977

Loin des fanfares mondialement connues (et qui méritent de l’être), ce morceau propose dans sa première partie (« The Dune Sea of Tatooine ») une orchestration stravinskienne héritée du Sacre du Printemps (pour ne pas dire que c’est pompé dessus, comme c’est très souvent le cas avec Stravinsky), aride et mystérieuse, avant d’enchaîner avec le thème espiègle des Jawas, dans lequel on reconnaîtra une phrase empruntée à celle au basson de la Danse de la Fée Dragée (Tchaïkovski, Casse Noisette). Comme beaucoup de compositeurs de musique de film principalement « orchestraux », Williams est très influencé par la musique classique au sens large, et Star Wars ne fait pas exception.

« The Beginning of a Friendship » ~ E.T. ~ 1982

Là non plus il ne sera pas question de la mémorable suite chargée d’émotion composée pour le quart d’heure final, mais plutôt d’un thème secondaire dominé par la harpe et les cordes, décrivant avec une infinie délicatesse l’amitié naissante entre Elliott et l’Extra-Terrestre. Un bel exemple de la veine intimiste de Williams, loin des tubes les plus connus du compositeur. En fin de morceau, on ne manquera pas de reconnaître un motif rappelant la « Marche Impériale » de l’Empire Contre Attaque, composée deux ans plus tôt.

« The Chairman’s Waltz » ~ Memoirs of a Geisha ~ 2004

Pour Memoirs of a Geisha, Williams retrouve le violoniste Itzhak Perlman et le violoncelliste Yo-Yo Ma, avec lesquels il avait déjà collaboré auparavant (respectivement, sur La Liste de Schindler et Sept Ans au Tibet).

« Look Down Lord (Reprise and Finale) » ~ Rosewood ~ 1997

Peut-être le morceau qui surprendra le plus ceux qui ne connaissent que le côté hollywoodien de John Williams. Le morceau est constitué de deux parties, chacunes représentatives du sud des Etats-Unis (l’action se déroule en Floride) : d’abord un chant dans la tradition Gospel, puis un thème à l’orchestration bucolique (harmonica, fiddle, guitare et piano). Certes, c’est cliché, mais c’est chargé de pacifisme.

« The Fortress of Solitude » ~ Superman ~ 1978

Je crois que je ne verrai jamais le film, ne serait-ce que pour pouvoir mettre les images de mon choix sur ce splendide morceau, un rêve éveillé emprunt de nostalgie dont seule la (courte) fanfare finale vient tirer l’auditeur. La deuxième partie du morceau (de la 5e à la 8e minute comprises environ), avec son orchestration aérienne et son absence de thématique particulière, m’enivre et me donne l’impression de flotter dans un univers bienveillant.

« Farewell Neverland » ~ Hook ~ 1991

On termine sur une partition dont beaucoup d’aspects « Disney » ne m’intéressent plus aujourd’hui. Mais bon, il faut avouer que ce morceau accompagnant les scènes finales du film (dont je ne garde pas un très bon souvenir) déborde de nostalgie, de l’entrée du choeur d’enfants vers le milieu de la deuxième minute, jusqu’à la fin de la cinquième minute (dommage que la suite soit moins intéressante). On a beau se dire que ce n’est pas bien sérieux et qu’on ferait mieux d’écouter du Debussy, ça reste un enchantement…

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