Métro ligne 4, 9h08 un samedi matin. Il se tient debout dans le métro, au milieu du wagon. Il porte un trellis, assez moulant, couleur camouflage et un débardeur noir, assez moulant également, ainsi qu’un petit bérêt. Il écoute de la musique que John John peut aisément deviner être de la musique électronique. Il commence à bouger les bras et les genoux de manière discrète. Il se met à chanter. Puis ses mouvements sont de moins en moins discrets. Soudain, il empoigne vigoureusement la barre centrale des deux mains puis se déhanche non moins vigoureusement dans un mouvement talon-pointe digne des cours les plus dynamiques du Club Med Wahou, tout en continuant à chanter et hocher de la tête. C’est ça le pouvoir de la musique, et la musique, vous le savez, c’est notre passion. Encore un moment qui n’a pas de prix, pour tout le reste il y a …
… Judgement day.
Aujourd’hui il est question de Stratovarius Polaris qui vient tout juste de sortir. John John s’en souvient avec émoi, son premier vrai concert c’était Angra et Stratovarius en première partie au Zénith de Paris en 1999. Avec Bruce Dickinson en guest. Il faut dire que cette tournée faisait suite à la sortie de leur nouvel (à l’époque) album intitulé Destiny. Et quelle première partie : dans les souvenirs de notre héros, qui était donc un jeune fou en voulant être devant du début à la fin, c’était de l’ultra violence pendant 40 minutes dans le pogo de la fosse avec des titres comme comme No Turning Back, Black Diamond, ou encore Speed Of Light. Tous ses vêtements étaient trempés de sa sueur mais surtout de celle des autres lors de la prestation de Stratovarius, riche en émotions fortes. La Doc Martens gauche d’un fan de métal qui vous caresse langoureusement la nuque par surprise, ça fait toujours son petit effet. La batterie était puissante et d’une précision métronomique, les guitares acérées et tranchantes comme des lames de rasoirs, la basse bien grasse supportant efficacement l’ensemble, quand au chant, John John n’a jamais été fan du timbre de voix mais dans le feu de l’action il dû reconnaître qu’il était tout à fait à sa place. 10 ans après, rien n’a changé. Stratovarius fait toujours le même genre de musique : du (Speed) Metal Mélodique, mais avec une marque de fabrique très finlandaise. Le problème c’est qu’en 10 ans, le monde change et évolue. Timo Tolkki, le guitariste emblématique du groupe, après avoir sorti plusieurs albums solos assez décevants et décriés dans la presse spécialisée, à quitté Stratovarius en 2008 en cédant ses droits de tout le catalogue de chansons aux membres restant, suite à une crise sans précédent dans le groupe. Etant donné qu’il était crédité sur 95% des titres, il paraissait évident que le groupe devrait s’adapter pour survivre, pour reprendre l’un des grands principes de l’évolution. S’adapter ou migrer, c’est la dure loi de l’industrie musicale. Tolkki migra et créa son propre groupe Revolution Renaissance et malheureusement leur première création n’a pas reçu l’accueil escompté car leur premier album est loin d’atteindre le niveau qu’a atteint Startovarius jusqu’à aujourd’hui. Alors que le glas semblait sonner pour Stratovarius, les musiciens recrutèrent un nouveau guitariste puis s’enfermerent dans une cabane en bois retirée, au bord d’un lac en Finlande (les journées étant très courtes là bas, on en est droit de se demander ce que peuvent bien faire 5 mecs seuls dans une cabane au fond des bois… c’est l’effet Brokeback Mountain parait-il) pour finalement accoucher de Polaris, dans lequel la musique de Stratovarius est semblable à celle des albums précédents notamment depuis Infinte, mais avec de nouveaux musiciens. Stratovarius s’adapta donc, et si le résultat est à la hauteur de leurs précédents albums, personnellement John John préférait le style guitaristique de Timo Tolkki. Notre héros constate avec plaisir la présence indéfectible de Jens Johansson au clavier, l’un des meilleurs actuellement en activité. Une chose est sûre: Timo Kotipelto, au chant, met toujours des pantalons en cuir aussi serrés que par le passé. Polaris est donc un album d’assez bonne qualité dans sa catégorie, une sorte d’évolution dans la continuité, qui plaira aux fans du groupe et du genre mais qui n’apportera pas grand-chose à la musique si ce n’est qu’il devrait permettre à ce sympathique groupe de faire son retour sur la scène internationale. John John a vieilli, mais ce n’est pas encore trop fort pour lui. Tout va bien, alors voici un extrait de l’album en question, il y avait pas mal de brouillard en Finlande ce jour là:
Si tout va toujours bien, alors il est possible pour John John de monter le volume pour écouter le nouvel album de Black Label Society Skullage. Soudain, c’est le drame. La déception gagne notre héros : ce n’est pas un nouvel album, mais simplement une collection de différentes versions que celles actuellement sorties sur album, acoustiques en tous genres etc. demandée par sa maison de disques à Zakk Wylde ! En fait il ne s’agit que d’une réédition d’une bonne partie du catalogue de BLS. Reprenons le dossier si vous le voulez bien. Black Label Society est un groupe de Heavy metal créé par Zakk Wylde (le guitariste d’Ozzy Osbourne après le décès de Randy Rhoads et les services de Jake E. Lee). Il y est chanteur et guitariste. Ce groupe a vu le passage de nombreux musiciens dont le talentueux Robert Trujillo qui n’est autre que le bassiste actuel de Metallica. John John avait fortement apprécié le DVD Boozed Broozed & Broken Boned sorti juste à la suite de l’album The Blessed Hellride, encore considéré comme leur meilleur album à ce jour. Si l’on regarde attentivement l’ensemble de la discographie du groupe, on constate une qualité d’albums en dents de scie. Zakk Wylde & co manqueraient ils d’argent, ou pire encore, de bière ? L’entreprise BLS voudrait elle nous refaire le coup de la SocGen ? Il semble que ce soit la crise pour tout le monde, mais il ne faudrait pas trop prendre les actionnaires et surtout les fans pour des imbéciles ! Mais John John leur pardonne, car il sera possible de ressortir leurs disques pour n’importe quel barbecue, effet garanti ! Voici un extrait du DVD, le morceau étant aussi sur ce disque:
Pour finir, et parce que notre héros l’aura manqué lors de son tout premier passage à Paris, voici une vidéo tirée du DVD qui vient de (re) paraitre en France, ainsi que tous les autres DVDs d’ailleurs, d’Hiromi et de son groupe Sonicbloom avec un line up de rêve à savoir Tony Grey à la basse, David Fiuczynski à la guitare et Martin Valihora à la batterie. Pour mémoire, Hiromi Uehara prend ses premières leçons de piano à l’âge de 6 ans, et démontre rapidement une habileté et une vitesse d’apprentissage hors du commun. À 7 ans, elle intègre la prestigieuse «Yamaha School of Music» et à 12 ans, elle joue pour la première fois en public avec un orchestre de prestige. À 14 ans, Hiromi voyage en Tchécoslovaquie où elle a l’occasion de jouer avec l’orchestre philharmonique tchèque. En 1999, elle s’inscrit à la prestigieuse école de musique de Berklee à Boston. Là-bas, elle rencontre le célèbre pianiste Ahmad Jamal, qui deviendra son mentor. Elle obtient son diplôme avec le rang maximal en 2003. La suite, la voici :
Espérons qu’elle revienne… un jour… peut être ? John John, lui, reviendra dés lundi prochain. A lundi prochain.
Cordialement.