Vous croyez aux signes? Le sentiment de « Déjà vu », la fatalité… Vous savez, le genre de choses qui se produisent et qui vous laissent penser que, voilà, ça devait arriver, c’était écrit, c’est le destin. Hé bien pas moi. Mais Keith Jarret, lui, peut être bien qu’il y croit. Le pianiste mondialement connu et reconnu dans le Jazz vient de sortir Paris/London Testament. Il s’agit d’une musique improvisée à l’état pur, mais pas brut. Pas de standard, que des mouvements sobrement intitulés Part I, Part II, etc. La musique prend une dimension insoupçonnée lorsqu’on sait que Keith Jarret est malade du Syndrome de Fatigue Chronique, d’autant plus malade qu’il devait être soigné après le concert de Londres. La musique prend une dimension dramatique lorsqu’on sait qu’il est seul, non seulement devant son piano mais également dans la vie, abandonné par son épouse. Keith Jarret n’a plus rien à prouver mais il sort quand même ses trippes. En plus ça à l’air facile, on écoute le disque sans s’en rendre compte, et c’est peut être en cela qu’on reconnait les génies: ils ont le don de faire passer pour faciles les choses les plus difficiles. Et ce sont toujours les meilleurs qui s’en vont en premier.
C’est très beau.