Suite à une période de cinq ans durant laquelle Robert Fripp se cherche, oscillant entre théorisation solitaire et collaborations diverses (Brian Eno, David Bowie), la deuxième période de King Crimson correspond à une véritable résurrection du Roi écarlate, marquée par un bouleversement stylistique et un ancrage savoureux dans les eighties, signe qu’encore une fois, le groupe se renouvelle et vit avec son temps. Résurrection, le mot est choisi : pour le retour en première ligne depuis 1974, le groupe composé par Fripp, Adrian Belew (chant, guitare – ancien collaborateur de Frank Zappa et des Talking Heads), Tony Levin (Chapman stick – qui avait joué avec Peter Gabriel) et le rescapé Bill Bruford (batterie) aurait pu s’appeler « Discipline » (ce sera le nom du premier album de la formation), mais Fripp en décidera autrement, et réincarnera un King Crimson new wave.
Résurrection, donc, et métamorphose : l’heure n’est plus à l’impro, l’orchestration change radicalement (suppression des instruments comme la flûte, le sax alto, etc.). Le Roi nouveau fait ses adieux au lyrisme acoustique dans lequel il excella, et se laisse désormais influencer par la musique contemporaine, minimaliste et répétitive, la dimension progressive se raréfiant.
De ces années naîtront trois albums : la rupture Discipline (1981), soit le dernier (?) grand album de King Crimson, Beat (1982) et Three Of A Perfect Pair (1984). Il va sans dire qu’au fil des trois albums, l’intérêt décroît, et Fripp, comme il l’avait fait en 1974, et comme il réitèrera en 2003, sait refuser la déchéance du Roi avant que celle-ci ne le consume (plus prosaïquement : il impose une nouvelle parenthèse dans l’histoire du groupe).
Si ce King Crimson deuxième période s’avère moins passionnant que le précédent, certains morceaux s’avèrent pourtant incontournables. Influences contemporaines obligent, leur dénominateur commun est peut-être la sensation d’enivrement, voire de transe, qu’ils procurent (à écouter absolument : le live Absent Lovers, qui propose les meilleures versions des morceaux de cette époque). Voir par exemple l’entrelacement des guitares de Fripp et de Belew sous forme de boucles dans un morceau comme « Frame by Frame. »
[...] ville de son caractère digeste. Mardi, il y a eu un petit raté avec la suite de l’aventure King Crimson que nous propose Erick, retrouvez donc l’article un peu plus bas comme cela aurait dû être [...]