Le rêve d’Anvil [2008-2009]

10 juin 2009
By Yeayms

anvil_xlg

Chers amis, bonjour. Ici la rubrique « Actualités » de l’auteur dont vous ne lisez jamais les articles en entier sauf sous drogue dure. Et vous savez quoi ? Un bon article commence toujours par une aparté qui arrive comme éléphant sur soupe et cheveu sur fourmi. Comme ils disent dans un journal un peu hypeux mais rigolo, c’est ici n’importe où, n’importe quoi, n’importe comment.

Je commence par dire que j’aurais pu vous parler de l’édition collector de OK Computer de Radiohead, chef d’oeuvre absolu des 90s, à peu près à égalité avec Kid A. Cette édition est brillante, les faces B [certaines étaient sur le méga-single How am I driving ?] égalant parfois les faces A, c’est dire. J’aurais pu vous parler du nouveau Jason Lytle, Yours Truly, The Commuter, un excellent Grandaddy tout seul, étendu vers de nouveaux horizons, mais souvenez-vous bien, ça ne veut pas dire grand chose, puisque Grandaddy est l’une des meilleures musiques d’horizon qui soit. J’aurais pu vous dire que sur le nouveau Phoenix, il n’y a pas que les deux premiers titres qui sont excellents. J’aurais pu étoffer un peu un article aussi elliptique que généreux, visant à réhabiliter deux formations dans l’ombre, les français d’Exsonvaldes et les anglais de The Doves, ayant chacune sortit un album formidable.

Il s’écoute écrire ce gars là vous dites vous. Mais oui, évidemment. Enfin, qu’est-ce que vous croyez, c’est difficile d’écrire sur le blog masique. Si l’on excepte la page blanche, il y a l’angoisse de la foule vide. La même que celle quand tu fais un concert et qu’il n’y a personne. C’est dur. Quand tu répètes pour ton concert, tu répètes pour qui ? Pareil pour le blog masique. On ne sait pas à qui on écrit. Alors on écrit, simplement. Comme on aime la musique. Et on espère de tout coeur qu’il y a quelques lecteurs qui nous suivent, qui nous aiment, qui nous aiment pas et qui laissent des commentaires.

Alors là, assez me dites vous. Ce que tu nous racontes n’a vraiment rien à voir donc arrête s’il te plaît. « J’t'arrête tout de suite », comme dirait l’autre. Mais j’en viens à l’objet principal de ce papier alors un peu de patience. L’angoisse et la passion du blogueur de masique ne sont tout simplement rien à côté de ce que les gars d’Anvil vivent depuis 20 ans. Je sais, le film-documentaire (réalisé par Sacha Gervasi) qui leur est consacré date de l’an dernier. Mais bon, un livre est sorti en mars dernier, alors j’ai bien le droit. Et puis j’ai vu ce film dans l’avion, notez le progrès réalisé par les compagnies aériennes dans les divertissements proposés. J’ai aussi vu un film que l’on pourrait qualifier aisément de film d’avion He’s not that into you. Il y a Scarlett Johansson. Scarlett Johansson. Scarlett Johansson. Voilà qui devrait nous attirer des lecteurs sur le blog masique.

Je disais donc, Anvil. Anvil est groupe de métal canadien dont tous les hardeux devenus millionaires (Metallica, Slash, Slayer, Anthrax, Corbier) s’accordent à dire qu’ils ont joué un rôle majeur dans l’identité sonore du métal au début des années 80.

Le film est à crever le coeur. On y voit les musiciens du groupe enfiler des heures de boulot comme manutentionnaires en croyant encore à leur bonne étoile de hard-rockeurs. Lips et Robb sont deux grands adolescents qui ont décidé de poursuivre leur rêve de musicien à fond en laissant leurs épouses désespérées mais admiratives et leurs quelques fans disséminés à travers le monde venir grossir les rangs de salles désespérement clairsemées. Rendez-vous compte : ils en sont à quatorze disques vendus comme des petits pains lestés, ils n’ont jamais arrêté, ils perdent de l’argent sur leurs tournées dans les rades des quatre coins du monde, ils se font refouler des maisons de disques. Et ils ont toujours une incroyable énergie. Le même rêve, le même disque, la même ferveur. Comme AC/DC, mais personne n’est au courant.

Le film est aussi l’histoire d’une incroyable amitié entre le batteur et le guitariste-chanteur. Ils se connaissent depuis l’enfance et continuent de vivre leur musique comme si le temps ne s’était jamais arrêté. Le film raconte une légende, celle de musiciens qui ont encore la foi, le feu sacré, l’inspiration alors que leur public ne s’est jamais maintenu. C’est d’une insondable tristesse. C’est d’un incroyable réconfort également sur les capacités de la nature humaine à espérer et à créer contre toute attente.

Le film-documentaire Anvil! The Story of Anvil est très agréable à suivre, très touchant, très émouvant et très authentique. C’est parfois également très drôle et très cocasse. Un film qui donne envie de serrer ces hard-rockeurs dans nos bras. Et plus généralement un film sur la musique qui fera date (même si vous n’êtes pas fan de métal, le documentaire se regarde comme une lettre à la poste). En plus, il finit bien. Enfin, non, il ne finit pas. Anvil ne s’arrêtera jamais. Remarquez, ils ont fini par avoir raison, ils vont faire la première partie d’AC/DC pour deux dates aux US en ce mois de juin. Actualités, vous disais-je, actualités.

Anvil! The Story of Anvil – Film de 2008 – Fiche IMDB

Anvil: The Story of Anvil by Steve Kudlow and Robb Reiner – Bantam Press

Aymeric

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4 Responses to Le rêve d’Anvil [2008-2009]

  1. Thomas on 5 juillet 2009 at 13 h 14 min

    Je viens de voir ce film, suite à ton article. Au départ, on croit voir un remake de This is Spinal Tap… mais aprés l’avoir vu en entier je trouve que ce film fout un bon coup de pied au cul! Je tire mon chapeau à ces mecs. Anvil akbar!

  2. Aymeric on 6 juillet 2009 at 21 h 16 min

    C’est clair que des mecs de 50 ans avec une gnak pareille ça te donne envie de les prendre dans tes bras !

  3. Anvil on 17 août 2010 at 20 h 23 min

    Anvil c’est des génies !

  4. [...] à l’affiche d’un documentaire Anvil -The story of Anvil en 2009, d’ailleurs chroniqué sur Masique. Le groupe revient avec un nouvel album intitulé Juggernaut Of Justice. Si vous connaissez un peu [...]

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