Maxwell – Fistful of Tears [2009]

9 septembre 2009
By Yeayms

blacksummers-nightBack in le début d’année. Dans une déflagration faramineuse qui a secoué les confins de la blogosphère, le blog masique.com naissait.

Bon. Je sais. Vous n’aviez pas remarqué. Il n’est jamais trop tard pour bien faire, me direz vous. Et pendant que je sirote un plat de nouilles chinoises, je me demande comme d’habitude par où je vais bien pouvoir commencer.

Avant de me raviser : faisons comme d’habitude, n’importe comment, histoire que seuls les vrais dur(e)s survivent jusqu’à la fin de la chronique. Et mû d’une impatience fulgurante, le lecteur désolé que je serais dans quelques minutes n’arrive pas à raisonner l’auteur désolant que je suis à l’instant même où ces lignes dévorent l’espace vierge de la page blanche comme un blogueur affamé secoue les nouilles (chinoises).

Halte là ! Nous sommes en 2009 et Maxwell revient. Je te vois venir, fourbe, à dire que ce n’était pas la peine d’en rajouter. Fourbe, va. Donc, dans des volutes empruntées tambour battant à Marvin le grand, Maxwell a volé le coeur de tous ses fans en ouvrant le sien, le temps d’une poignée d’albums supposés dépoussiérer la soul à la fin des années 90. L’ennui, c’est que personne n’a écouté Maxwell, bien que beaucoup possédaient le disque ultime du lover, Maxwell’s Urban Hang Suite. Musique de lover, justement, c’est bien là le problème. Maxwell, pfff. De la soupe à peine meilleure que les autres. De la musique lisse à force de lustrer les yeux qui s’embuent si aisément. Maxwell. Rien à signaler. Un talent fou ? Des arrangements fantasmagoriques ? Non, trop proche des classiques pour être apprécié sans arrière pensée Motownisée-standardisée-dont-les-ressorts-géniaux-sont-éprouvés. Non, trop éloigné du R&B clinquant pour être vénéré sans ambages en méprisant le reste du monde du haut d’un bling-bling arrogant et téméraire. Non, dix fois, non. L’oubli, d’ailleurs, est venu logiquement, ma bonne dame. Maxwell a su emmener au plus près de l’émotion, dans ce qui ressemblait à un calcul savant, une belle formule, un sortilège systématique. Que restait-il ?

Je dois avoir mauvais goût.

Ha ! Oui ! Good to be back ! Diantre ! Parsambleu ! Cher lecteur, tu l’avais oublié pendant ces vacances assourdissantes de soleil et aveuglantes de décibels: oui, pleinement, en toute possession de mon cerveau, maintenant un peu calciné par une décennie d’utilisation plus ou moins heureuse, avec la manière et le panache, comme un mousquetaire sans ses copains philosophes, je le dis haut et fort: je dois avoir mauvais goût.

Et si on parlait musique ? Parce que Maxwell a subi tant de procès d’intention, ou tout bonnement fini dans le même panier des successeurs insipides de Marvin Gaye, qu’il faut réparer l’affront. Appelons cette musique soupe si vous le voulez, mais alors soyons honnêtes: de la soul de très haute volée que l’on appelle soupe, c’est comme prendre du caviar pour un plat de nouilles (chinoises, très bonnes au demeurant, chomp, chomp).

Ce grand monsieur qu’est Maxwell revient après 8 ans d’absence (ce long silence, déjà, force le respect) avec une trilogie dont l’été 2009 nous a livré le premier épisode, BLACKsummers’night. Passons sur le fait que chacun des morceaux est absolument, résolument, éperdument produit comme un joyau et composé comme un trésor. L’essentiel est, quel luxe tout de même, ailleurs. Il est dans la voix même de Maxwell. Alors, Fistful of Tears comme étendard à la fois luxuriant et minimaliste, et que se dissolve le fiel des détracteurs.

Dans le balancement charactéristique de la rythmique, quelque chose de parfaitement implacable, Maxwell fait la loi avec sa voix d’une technicité, d’une chaleur et d’un feeling irréprochable. Il sillonne autour de la rythmique qui finit par n’être rien sans lui. Il interprète sa propre chanson (merveilleusement écrite) comme si c’était celle d’un autre. Justesse. Swing. Intensité. Nuances. Retenue. Amplitude. Soul. Cette chanson est parfaitement soul. Cette voix est absolument unique. Avec une impression de naturel déconcertant.

Larmes ! Que je sois changé en chagrin d’amour à l’instant pour être chanté comme ça. En attendant, faites moi plaisir, sur celle-ci, si vous trouvez vraiment que j’ai mauvais goût, ne me le dites surtout pas. Des chansons comme celle-ci, je n’en vois qu’une poignée.

Aymeric – Un article de la chronique Je dois avoir mauvais goût sur le blog masique tous les mercredis.

Maxwell – Fistful of Tears [2009] – BLACKsummers’night

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2 Responses to Maxwell – Fistful of Tears [2009]

  1. Audrey PINEAU on 9 septembre 2009 at 9 h 22 min

    Ah!! Aymeric tu es mon AMI!!!! Tu as tout compris de Maxwell, mon héros. J’adore cet album que j’ai écouté en boucle pendant deux semaines (oui je sais c’est beaucoup Hi!Hi!) J’ai lu les critiques et certains disent que Maxwell a fait une soupe. Moi, au contraire je pense qu’il s’agit d’un très bon album dont le mérite (ou le défaut, pour certains) est qu’il se démarque de la mouvance actuelle en ce sens que ce sont de vrais instruments et que l’oreille n’est donc pas saturée par les basses et c’est ce qui gêne les anciens fans de Maxwell qui avait l’habitude du son plus groovy (écouter Ascension pr savoir de quoi je parle). Du coup, sa voix (qui a mûri) paraît différente. Mais je crois que son travail doit être salué car il a su se démarquer du son « commercial ». Il était mon héros depuis Maxwell urban Hang suite mais là, j’apprécie d’autant plus un artiste qui a su évoluer dans sa musique, tout en offrant un album de qualité. Aymeric you’re my friend!! (c’est comme ça qu’on dit par chez toi, non?!!)

  2. Aymeric on 9 septembre 2009 at 14 h 22 min

    Tu me fais bien plaisir ma chere Audrey, je ne peux qu’etre d’accord avec l’integralite de ton message ! Et il y en a encore deux autres du meme calibre dans les tuyaux pour les deux ans a venir… Awesome, comme on dit ici :)

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