[Episode 17] Le premier qui rigole je l’envoie au coin. Car c’est de mauvaise foi nocturne dont il s’agit, de celle qui s’apparente aux habits d’apparat. Et comme vous commencez à vous habituez, je le dis, je le répète : personne ne me lis donc je fais ce que je veux avec mes cheveux et tant pis si le doute m’habite avec ma… cellulite, bien sûr. Vous pensiez à gingivite, j’en suis certain, petits malins. Mais reprenez-vous. Faites comme ceux qui sont partis pendant le générique. Boudiou, les années 2000, tous aux abris. Ne lisez pas la suite.
Il pourrait être question d’une ligne de basse qui tue. Il pourrait être question de guitare funk. Il pourrait être question de chant con et entraînant. Il pourrait être question de musique parfaite pour se passer des vieilles photos de soirées un peu oubliées. Essayez donc, tiens. Ce qui hier vous filait la gerbe vous filera désormais la chiale. En deux mots, cette musique, pas mieux pour se rendre compte que l’on a vieilli. Ou pas, si vous êtes plus jeunes: il est encore temps de la découvrir, cette future pépite des dancefloors de mariage. Ou des dancefloors de camping. Ou des clubs version ultra-compressée avec la voix au vocoder chat-qui-miaule. Tout ça c’est bien beau, mais le pire, c’est le yorkshire.
Mais bordel, la vraie question, c’est comment fait-on pour composer un morceau aussi équilibré et évocateur ? Parce qu’un truc pareil ne reste pas dans les annales s’il ne reste pas dans le coeur. MAIS CETTE LIGNE DE BASSE C’EST JUSTE UNE TUERIE. C’est juste du pur génie de composer une chanson aussi simple qui fera danser la Terre entière. Les foules se trompent souvent, beaucoup, lourdement, c’est ainsi c’est la vie. Mais Modjo sort du fin fond de sa cambrousse (urbaine ou pas) avec juste ce qu’il faut de subtilité geek et de bourrinos dancefloor pour conquérir la planète avec une bonne chanson. Admirez qu’il n’y a rien à admirer: ça tient tout seul, petit miracle musical, ritournelle pop-house-frenchtouch. Alors, évidemment, à l’époque, à force de l’entendre en faisant l’amour, en faisant ses courses, en faisant le cake sur un dancefloor, en faisant le faisan, en faisant le pingouin, en faisant-refaisant le monde, en faisant connaissance, en faisant ses valises, en faisant sa quiche, en faisant à nouveau ce qu’on a défait un jour, là c’est un peu acrobatique car vous avez oublié le début de la phrase, donc je disais, à force de l’entendre en faisant l’amour, partout, cette chanson en a dégoûté plus d’un. A froid, dix ans plus tard, pas de quoi fouetter un chart, MAIS CETTE LIGNE DE BASSE C’EST JUSTE UNE TUERIE.
Il est tard, j’ai mauvais goût, allez au diable. Mais gardez le modjo.
Aymeric
Un article de la chronique Je dois avoir mauvais goût sur le blog masique souvent.
Modjo – Lady (Hear me Tonight) [2000] – Modjo
Les épisodes précédents
16. Britney Spears – Oops!…I Did It Again [2000]
15. Metallica – Master of Puppets [1986]
14. Guns n’ Roses – November Rain [1991]
13. Jay-Z + Alicia Keys – Empire State of Mind [2009]
12. Eiffel – Ma blonde [2009]
11. Smashing Pumpkins – Let Me Give the (web) to You [2000-2009]
10. Maxwell – Fistful of Tears [2009]
9. Emperor – I am the Black Wizard [1994]
8. The Gamits – How to Escape [2004]
7. Pulp – Common People [1995] & Manic Street Preachers – A Design For Life [1996]
6. Queen – Radio Ga Ga [1984]
5. Serge Gainsbourg – Variations sur Marilou [1976]
4. Muse – Thoughts of a Dying Atheist [2003]
3. Bruce Springsteen – Jungleland [1975]
2. M83 – We own the sky [2008]
1. TTC – Pollutions [2002]