Muse – The Resistance

14 septembre 2009
By Julie

museAu banc d’essai cette semaine, nous avons le tout nouvel album de Muse. The Resistance est le cinquième album studio du groupe, en écoute depuis quelques jours sur deezer.com et en vente ce jour chez votre disquaire préféré.

L’album a été produit par le groupe lui-même et mixé en juin 2009 par Mark Stent. Il a été annoncé par le groupe comme le meilleur de leurs albums, car a nécessité encore plus de travail de la part de nos trois anglais, qui ont mis sous leurs ordres un véritable orchestre. Qu’en est-il du résultat ?

Alors c’est simple. Ou plutôt non, c’est compliqué….car voilà un album qui  nous perd, tous autant qu’on est :

- Si Black Holes and Revelations est jusqu’à maintenant votre album préféré de Muse, vous aimerez beaucoup The Resistance qui contient quelques tubes du même genre.
- Si vous avez aimé plus que tout Absolution, vous serez satisfait par les trois derniers morceaux, véritables symphonies aux belles envolées lyriques.
- Si, pour vous comme pour moi, Origin of Symmetry domine les autres albums par sa puissance, alors vous risquez une nouvelle fois d’être déçu.

Bon, j’avoue que tout ceci est quelque peu réducteur, mais nous pouvons nous permettre de grossir les traits face à cet album, dont la pochette exprime bien le contenu : un album à plusieurs facettes, visant à contenter tout le monde, les rockeurs alternatifs, les clubbeurs, les mélancoliques, les fêtards, les ados, les anciens fans moins jeunes…

Résultat :

Resistance se noie dans la confusion des styles. Véritable patchwork des œuvres de Muse, l’album n’a aucune cohérence, aucune histoire qui lui est propre et le groupe a perdu de sa personnalité. Cela se sentait fortement lors du précédent album et c’est avéré aujourd’hui. Voilà qui est dommage.

Analyse :

Le premier titre, Uprising est là parce qu’il faut bien un tube dans un disque, qui si possible ne renie pas les choix « artistiques » du dernier album. Undisclosed Desires, le morceau R&B de l’album, ferait un parfait tube pour Britney Spears. Dans le même registre, Resistance est agaçant, les premières notes de piano font d’ailleurs penser à du Alizée. Guiding Light, au tempo tout droit sorti d’un slow des années 80, est quant à lui ennuyeux au possible.

D’autres morceaux sont plutôt bien arrangés, enrichis de couleurs sonores amenées par les cordes et les cuivres de l’orchestre. L’influence de Queen y est fortement présente. Mais l’omniprésence de la voix de Matthew Bellamy sur les violons et synthétiseurs rend tout ceci quelque peu cacophonique. United States of Eurasia et MK Ultra en sont de bons exemples ; si bien que certains morceaux sont sauvés par leurs passages plus calmes. C’est le cas de Collateral Damage avec sa Nocturne de Chopin ou encore de Unnatural Selection avec ses changements de rythmes plutôt réussis.

I Belong To You surprend enfin par son côté comédie musicale, façon Moulin Rouge, quelque peu ridicule quand le chanteur s’essaie à des paroles en français sur la fin.

Heureusement la dernière partie de l’album, avec ses Exogenesis nous offre trois symphonies plutôt réussies, centrées sur de beaux airs de piano.

Conclusions :

Alors non, cet album n’est pas le meilleur de tous les albums de Muse comme annoncé. Il est juste meilleur que le précédent, ce qui n’était pas difficile à faire.

10 ans ont passé depuis Showbizz. De Muse j’aimais la voix, le piano, la puissance de certains morceaux, les résonances électro et l’univers qu’elles insufflaient, bien au delà de l’atmosphère terrestre… Les 3 premiers albums de Muse nous en ont fait découvrir des planètes !
Le 4ème album Black Holes & Revelations m’a foutu une claque. Muse élargissait son spectre auprès de publics plus jeunes, à coup de tubes dance et hyper électro, très appréciés des ondes, à la limite de l’agaçant.
Avec ce dernier album, nous voici dans une forte démonstration de leurs bases classiques, agrémentée de quelques originalités. Mais l’alchimie ne prend pas car la voix agace et l’ensemble est dispersé.

Alors y a–t’il un âge pour écouter du Muse aujourd’hui ? Le groupe a-t-il délibérément choisi de ne pas suivre sa base de fans des premiers albums, de ne pas faire évoluer une musique puissante et 100 % heavy rock dans la lignée d’Origin of Symmetry ? Souhaite t-il s’en mettre plein les poches en élargissant son public ou tout simplement se cherche t-il encore ?

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7 Responses to Muse – The Resistance

  1. Celia on 14 septembre 2009 at 17 h 14 min

    Ah là là ma Juju, le syndrome vintage pour trentenaires en mal des 80s a encore frappé!!! La pochette (très réussie ma foi) semble toute droit sortie d’un des albums du « Cycle de l’Incal » de Moebius! On en a plein en ce moment des groupes qui recyclent le trio synthé-fluo-espace, Justice, Klaxons, late of the Piers,etc.,…(sans oublier Catherine Ferroyer-Blanchard, les curieux iront regarder sur youtube). Une mauvaise production pour Muse derrière ce nouvel opus, trop à l’affût de la tendance? Bien d’accord avec toi, Origin of Symmetry, ça c’était de la balle!

  2. Aymeric on 14 septembre 2009 at 18 h 46 min

    Le disque est aussi sur Spotify ! Je ne l’ai pas encore écouté, mais toujours est-il qu’en UK, où le groupe a une fanbase impressionnante, Muse est pris pour ce qu’il est, c’est-à-dire un groupe excentrique grandiloquent qui, contrairement à ce qu’on imagine en France, ne se prend pas tant au sérieux que ça. Un peu de trop de virgules dans cette phrase d’ailleurs.

  3. Thomas on 16 septembre 2009 at 11 h 13 min

    Je l’ai écouté, et c’est vrai que le groupe a perdu son identité forte des 3 premiers albums, mon préféré restant Absolution!

  4. [...] semaine sur le blog masique, comme promis, over the top. Lundi, Thomas, déboussolé par le nouveau Muse, a cédé sa place à Julie pour chroniquer ce monument de kitsch dont on discute assidûment en [...]

  5. Olivier Cendras on 2 octobre 2009 at 22 h 40 min

    Il ya les fans qui aimeraient que Muse nous refourguent sempiternellement une resucée de OOS ( magnifique album au demeurrant ) et ceux qui savent faire abtraction de leur passé prèt à être surpris par de la nouveauté… et on doit reconnaitre que Muse vient avec cet album de s’affranchir vraiment de son étiquette de groupe de rock semi underground à la musique écorchée …leur àme n’a pas été vendue aux sirènes et à la production léchée d’une major ,non ,elle est simplement le reflet de leur progression musicale et de leur incroyable éclectisme,mais aussi de l’état de Matt qui est apaisé ( à la différence d’OOS) d’ou une augmentation des compos en mode majeur. Cet album est peut être leur chef d’oeuvre …la plupart des mélodies sont lyriques et pleines d’émotions diverses, les harmonies sont riches et magnifiquement orchestrées par un Matt qui a refusé de déléguer ce travail à d’autres; bcp de morceaux sont des hommages ouverts aux maitres qui les ont influencés … ils ne plagient pas ,ils incorporent ,en rajoutant à chaque fois cette touche Musienne si reconnaissable . A la fois prétentieux et humble Matt se positionne à coté de ces maitres ,jouant dans leur cour et en écrivant certaines pages avec l’essence de leur génie … cet album est Queenesque dans le sens ou il n’a pas une identité unique mais plutôt kaléidoscopale ,dans le sens ou ils jouent avec les genres un peu comme des gamins qui feraient des collages à première vue hasardeux ,Bowie ,Queen ont fait de mème dans leur temps comme de grands enfants sachant intuitivement que le génie est toujours proche du ridicule … Quand Matt chante la Callas ,certains crient à la parodie ,personnellement ,il me l’a fait oublié
    ( avec tout le respect que j’ai pour elle ),en bref il m’a touché comme l’auraient été tous ceux qui n’ont de cesse d’avoir une attente précise de la musique que devrait faire Muse au vu de l’étiquette que certains ont bien voulu lui coller .
    Le prochain album ? peut être de la dance music … ce gars là est vraiment un génie…

  6. Aymeric on 3 octobre 2009 at 0 h 05 min

    Dans un sens, Olivier a raison: les détracteurs de Muse se sont toujours demandé jusqu’où ils iraient et The Resistance est un semblant de réponse (ou plutôt juste un indice): la réponse est « toujours plus loin ». Muse a donc sorti un disque sans aucun complexes, excentrique, insupportable pour les uns et jaillissant de génie pour les autres. Un disque qui n’apporte pas de nouveaux fans, mais qui force le respect par son jusqu’au-boutisme forcené. Un exemple, j’ai du mal à écouter (supporter) le disque en entier, mais j’arrive parfaitement à adhérer à ce que dit Olivier.

  7. Julie on 4 octobre 2009 at 16 h 07 min

    Merci Olivier pour ton article. Il fait plaisir à lire, non seulement car tu parles très bien de cet album, mais aussi car je me doutais bien qu’il y aurait (heureusement) quelque part des fans plus flexibles que moi au regard des choix artistiques de ce petit génie. Et les raisons que tu énonces se valent.
    Par contre, je ne suis pas certaine que ne pas aimer cet album revienne à ne pas aimer le changement. Bien au contraire, personnellement j’attends d’un groupe qu’il me surprenne à chaque album (Absolution n’était-il pas une belle surprise ?). Je serais même encore plus déçue si Muse nous avait ressorti du Origin Of Symmetry après tout ce temps passé.
    Etant résolument rock, mon seul problème, si l’absence de fil conducteur n’en est pas un, est que j’aurais aimé dans ce « collage de grand enfant » un peu plus de violence, et ce même avec une couleur majeur. Du coup, cette « nouveauté » là n’a pas eu sur moi l’effet escompté.
    Mais c’est là bien personnel et finalement je t’envie d’avoir eu une belle surprise dont tu ne te lasseras pas à la 3ème écoute.

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