
La journĂ©e du 30 aoĂ»t a comptĂ© parmi ses poids lourds le jeune Sliimy…Sliimy, c’est ce qu’aurait pu ĂŞtre Christophe Wilhem s’il avait sorti un album en anglais. Un troublant mĂ©lange de funk sautillant et de fragilitĂ© androgyne, portĂ© par la voix ultrasensuelle du chanteur de Saint-Etienne. Au final un concert revigorant, un brin dĂ©calĂ©, qui a fait faire le plein de bonne humeur Ă tous ceux qui ont mis leurs prĂ©jugĂ©s de cĂ´tĂ©.
Le public s’est ensuite bougĂ© pour aller voir les Eagles of Death Metal, du rock bluesy vite fait bien fait, baby suck my ass, viens que j’t'emmène dans une virĂ©e crasseuse et chaotique, accroche-toi, on s’retrouve au bar ou au tournant. Le groupe de Josh Homme (leader des Queens of The Stone Age) nous a livrĂ© un set viril et bien membrĂ©. Efficace quoi.
Bon, après ça, retraversée de Saint-Cloud à fond de train pour avoir une chance de voir le mythique batteur de Nirvana, Dave Grohl, de retour derrière les drums à l’occasion d’un nouveau projet, Them Crooked Vultures. Dave a délivré une telle énergie tout le long du concert qu’on a même eu peur que Josh Homme et John Paul Jones, ex-bassiste de Led Zeppelin, ne passent par-dessus bord tellement était puissante la vague venant du fond de la scène. Mister Backman, chapeau !

S’en est suivi après ça un moment de grâce sur le festival, l’arrivĂ©e de MGMT sur la grande scène… ciel clĂ©ment, chaleur paisible, lĂ©gère brume de poussière et accords hallucinĂ©s traversant l’espace. Face Ă MagieGMT, la raison s’écrase et l’esprit s’envole sous leur inspiration psychĂ©dĂ©lique : oui, on y a cru qu’on allait jeter des torches enflammĂ©es dans la mer, oui, on s’est dit qu’on allait refaire le monde, alors merci, un grand merci les gars pour cette puissante dose de bonheur.
Les MGMT ont fait soufflĂ© un vent de brouillards sonores, repris aussi sec juste après par les Klaxons sur la scène de la Cascade. Eclairage bleu froid, visages inexpressifs et nappes synthĂ©tiques, ou comment reprendre la new wave version fast and furious. Incroyable comme des titres comme Golden Skans ou It’s Nor Over Yet sonnent comme des classiques revisitĂ©s. On a senti planĂ© un air de Technival sur le parc de Saint-Cloud, les riverains ont apprĂ©ciĂ©.
Enfin est venu l’assaut final de spectateurs extatiques, donné par Prodigy : les vĂ©tĂ©rans de la scène punk rave ont fait basculĂ© en l’espace d’une sirène/guitare saturĂ©e/boĂ®te Ă rythmes le festival dans l’Apocalypse. CĂ´tĂ© public, ça n’attendait que ça : hurlements hystĂ©riques, pogos au 90ème rang, dĂ©hanchements de teufeurs, la crise d’Ă©pilepsie gĂ©nĂ©rale a Ă©tĂ© Ă©vitĂ©e de justesse.
Au final, une très belle soirĂ©e de clĂ´ture sur le thème « Vieux briscards du Rock » versus « Rock 2.0 ». La rencontre plus qu’improbable sur le papier a donnĂ© lieu Ă une battle du feu de dieu. Des soirĂ©es comme ça, on en redemande, alors rendez-vous l’annĂ©e prochaine Rock en Seine!