
Au Revoir Simone, c’est d’abord une réplique prononcée par Pee Wee Herman à l’intention d’une certaine Simone dans Pee Wee Big Adventure, le premier film de Tim Burton (1985). C’est ensuite, et depuis 2003, un trio de pop-rock-électro-indie originaire de Brooklyn qui rassemble Erika Forster (voix, claviers), Annie Hart (voix, clavier) et Heather D’Angelo (voix, clavier, boîte à rythme) qui remplace en 2005 Sun Bin Park, l’un des membres fondateurs.
Ce printemps 2009 marque la sortie du troisième album d’Au Revoir Simone, intitulé Still Night, Still Light (20 avril en France, 19 mai dans le monde). Ceux qui avaient apprécié les deux précédents (Verses of Comfort Assurance and Salvation et The Bird of Music) aimeront le nouveau venu tant celui-ci leur est semblable. En d’autres termes, il n’y a pas de véritable renouvellement depuis le premier album, si ce n’est un style un tout petit peu plus électro (des rythmes et des sons plus « secs ») et une petite diversification du côté des synthés (son d’orgue dans « Organised Scenery » par exemple). Des synthés et des tournures rythmiques qui restent très vintage (on pense à Moroder ou à Brion) puisqu’il s’agit là de la signature du groupe.
Au Revoir Simone, c’est en quelque sorte Air meets the Beegees avec un côté éthéré, sans toutefois atteindre le niveau de qualité de ces références : le pari du vintage est assez risqué aujourd’hui, et on risque vite de tomber dans le mauvais Sébastien Tellier (qui a pondu des trucs sympa par ailleurs) ou d’enchaîner les clichés. « Enchaîner » ,c’est le mot puisque le même beat estampillé 80′s (celui-là même que Tellier tentait il y a quelques temps, dans un élan eurovisionnaire, de remettre au goût du jour) est utilisé dans un morceau sur trois pour Still Night : 4, 6, 9, 12, et déjà présent dans « Dark Halls » du précédent album… impossible de passer à côté). Ce qui confère à l’ensemble de ce nouvel opus un aspect un peu répétitif, mais Au Revoir Simone ne fait pas mystère de son orientation répétitive pour les morceaux de cet album (morceau après morceau et au sein d’un même morceau). Un renouvellement par le répétitif, si on veut.
Malgré ces quelques défauts, Still Night, Still Light marque tout de même des points grâce à des morceaux clair-obscurs à mi-chemin entre l’énergisant et le mélancolique, dont certains (« All or Nothing« , « Trace a Line« , et la fin de « Only You Can Make You Happy » pour laquelle j’ai un faible – je dois avoir mauvais goût aussi) renouent avec les sommets de Bird of Music que furent « Lark » et « The Way to There ». D’autres pistes, très sobres, très calmes, faisant écho à l’intitulé de l’album, comme « The Last One » ou « We Are Here », ne cassent pas forcément trois pattes à un canard, mais c’est entrainant et c’est planant comme du Air.
Au Revoir Simone c’est donc parfois un peu superficiel (notez l’inventivité de certains titres de morceaux…), ça s’autorise quelques facilités (que ce soit au niveau des textes ou musicalement), et le fait que plusieurs de leurs morceaux aient été utilisés dans la série Grey’s Anatomy ne surprendra personne (alors ça, je tiens à préciser que je l’ai lu sur Wikipedia. Le lecteur caustique qui, tel le sociopathe analysant la friabilité de sa victime à sa démarche penaude, me houspille en croyant que je regarde Grey’s Anatomy, je lui arrache les yeux et je l’accroche au porte-manteau).
Au Revoir Simone, c’est aussi et surtout un dynamisme inoffensif, pas révolutionnaire mais pas prétentieux non plus, un bulle rétro issue de l’imagination d’un trio gavé de références, et des mélodies accrocheuses, parfois très jolies, qui lui permettent de se hisser au niveau des meilleurs groupes de la scène électro-pop anglo-saxonne (enfin, j’imagine). Au final, une petite gourmandise dont on aurait tort de se passer… Et puis David Lynch est fan alors…

Ta premier photo est superbe, ton article est chouette…A+
Merci!
je dois avouer que je me passe « All or Nothing » et « Only You Can Make You Happy » assez souvent en ce moment. Finalement, c’est très addictif!
Knight of Wands (Au Revoir Simone), audio / video cover, par Pascal Labrouillère
C’est ici
http://www.vimeo.com/5947445
Enjoy
Pascal