La rentrée c’est sympa : on retrouve ses copains, on retourne à l’école et on a une trousse neuve… C’est bien beau tout ça, mais ce n’est pas tout. Parce que la rentrée c’est aussi le moment des sorties musicales. De la news, du nouveau matos, du bonus track, du live comme si il en pleuvait !!
Et pour moi c’est l’occasion de me faire plaisir. Ca me donne de très bonnes excuses pour ressortir mes groupes que personne ne connaît, qu’on-se-fout-de-moi-parce-que-je-les-écoute. « Ben non là désolé les gars, c’est pas moi, c’est l’actu… » Et donc avant une étude approfondie du nouveau Sugarland qui sort le 6 octobre (« Gold and Green » qu’il s’appelle, retenez la date. En bonus il y aura la critique du live de juin dernier, c’est cadeau) je vais en profiter pour vous présenter Sister Hazel et leur dernier album, « Release« , sorti le 16 septembre dernier.
Sister Hazel est un groupe Floridien de pop-rock formé en 1993. Pas grand chose à dire sur l’histoire de la formation, les cinq musiciens sont les membres fondateurs, ils ont percé en faisant la tournée des bars et des facs et en vendant leurs démos. Certaines choses sont cependant intéressantes pour mieux cerner les personnages. D’abord sur sept album produits, six et demi l’ont été de manière indépendante (Universal a sorti « …Somewhere More Familiar » en 1997, album déjà enregistré avant la signature du contrat), et le groupe semble adorer ce statut d’indé qui leur laisse une complète liberté. Ils créent des festivals (cette année ce sera un festival rock sur un bateau), organisent une tournée des facs…. Ensuite les Hazels ont été des pionniers de la musique sur Internet, ce qui leur a permis très tôt de se forger une fan base d’ultras purs et durs qui se surnomment eux même les Hazelnuts. Le groupe est évidemment très proche de ses fans, organisant des sessions d’enregistrements avec 100 personnes tirés au sort…Excellent ! Et enfin parce que c’est un groupe engagé, qui soutient des organismes de charité et de lutte contre le cancer, qui organise des concerts pour des associations. Le nom du groupe est d’ailleurs un hommage à un nonne – Sœur Hazel Williams – une sorte d’Abbé Pierre de Gaynesville, leur ville d’origine.
Sister Hazel est donc un groupe de pop-rock, tendance années 90 avec une bonne touche de folk (le chanteur-guitariste joue uniquement acoustique). Pour faire des comparaisons, j’ai lu une critique qui les définissaient comme un mélange d’Eagle Eye Cherry et des Countings Crows. C’est pas faux. On peut dire ça. Une sorte de Dave Mathews Band FM. Bon, en bref, c’est un truc genre pop US, sympa, catchy mais qui au premier abord ne brille pas par son originalité, dans le style des cover groups qui disparaissent en 3 mois. Ben oui, c’est ça. Pile dedans. En effet Sister Hazel ne réinvente rien, ne propose rien qui n’ait déjà été fait avant, pas d’ordinateurs, de samples, de compositions biscornues, de solos de malades. Juste du rock.
Ben alors ça sert à rien, puisque y a rien de nouveau, que c’est super sobre, que les albums se ressemblent tous (si si, et le dernier n’échappe pas à la règle). Pourquoi c’est bien Sister Hazel ? Ben justement parce que c’est bien. C’est pas ce qu’ils font, c’est la manière dont ils le font. Là où ils dominent c’est dans la mélodie et l’émotion. Et comme les morceaux sont faciles d’accès et ont ce côté « déjà entendu », on est très rapidement à l’aise. C’est pas compliqué, on retient un album à la première écoute, ça rentre dans la tête et ça ressort pas. J’ai personnellement chanté une chanson pendant une semaine non stop… Plus efficace tu meurs. Et en plus pas besoin d’être musicien pour adorer. C’est pas compliqué, avec Sister Hazel tu as envie de sauter partout quand ça bouge, tu as envie de pleurer quand c’est triste. Moi je suis devenu fan en ¼ d’heure.
Juste quand même un petit mot sur « Release« . Dans la veine des albums précédents, toujours ce côté rock Californien made in East Cost, y a de la cover, de la balade, du mid tempo, du refrain qui accroche, une section rythmique discrète et efficace, des jolis son de guitares et une furieuse envie de taper du pied. Comme d’hab. Rien de nouveau pas de surprise dans l’ensemble. Seule originalité, ce disque est auto déclaré l’album le plus démocratique du monde puisqu’il a été réalisé sur le principe que chaque musicien amenait 2 à 3 morceaux persos, les autres n’ayant pas leur mot à dire. Ce qui fait que « Release » sonne peut être un peu plus original que les précédents, la personnalité de chaque morceaux est un peu plus affirmée qu’à l’accoutumée. Le son général du disque est un peu plus acajou, et on a droit à quelques nouveautés au niveau des arrangements (du banjo sur le titletrack, des cordes sur « Better Way« , …) . Vraiment pas mal le résultat.
Décidément ce sont des mecs bien ces Sister Hazel…
Si ça vous a donné envie de jeter une oreille sur ces Floridiens, à part « Release » évidemment, je vous conseille le live acoustique de 2008 « Before the Amplifiers« , ou sinon les albums studio « Lift » (indispensable d’écouter la reprise des Cars « Just What I Needed » et le titre « Green« ) et « Absolutely » (l’enchaînement des deux balades « Tear by Tear » et « Where Do You Go ? » – sur la solitude et le fait de tout perdre – met n’importe quelle fille normalement constituée au tapis).